Le Baptistère de la cathédrale de Florence

Le duomo : la cathedrale de florence

Le Baptistère de la cathédrale de Florence

Regardons à présent le baptistère, et, pour cela, retournons-nous afin d’avoir une vue d’ensemble sur celui-ci.

« Mon beau saint Jean » écrivit Dante en regardant le baptistère dédié à Jean Baptiste, par ailleurs le patron de la ville. Comme le veut la tradition, son architecture extérieure s’apparente fort au Saint Sépulcre de Jérusalem. Maintenant, revenons dans un premier temps sur l’histoire du baptistère. C’est l’un des plus anciens édifices de la cité florentine. A-il été un temple dédié au dieu de la guerre Mars, comme l’aime à raconter les Florentins ? Nul ne le sait… Par contre, il est certain qu’un édifice existait au 9ème siècle puisqu’un document rend compte de la basilique saint Jean. Édifice qui devait fort probablement être la cathédrale de Florence. Mais alors, de quand date le monument devant lequel nous sommes ? Et bien, du 11ème siècle pour sa structure et des 12ème et 13ème siècles pour la décoration intérieure en mosaïques et extérieure en marbre. C’est d’ailleurs au 12ème siècle que la cathédrale saint Jean devient un baptistère, le siège de l’évêché étant transféré en l’église sainte Réparate construite au 10ème siècle, et dont les vestiges sont visibles dans la crypte de l’actuelle cathédrale. Nous voici donc devant un baptistère et ce qui frappe, ce sont ses dimensions imposantes. Pourquoi un édifice de cette taille, exclusivement pour baptiser ? Et bien, tout simplement parce qu’à l’époque médiévale en Italie, il est de tradition d’administrer le baptême deux fois par an à tous les habitants de la cité. De plus, le baptistère saint Jean fut considéré comme le temple de la République florentine. Et en cela, aucun lien avec le sacrement du baptême : il accueillait des réunions politiques, des cérémonies civiles telles que l’investiture des magistrats ou la bénédiction des troupes militaires avant leur départ. Et le jour de la fête du saint Jean célébrée le 24 juin, les fanions de chaque corporation de métier florentine étaient offerts au saint et tendus sur les murs. C’est un curieux mélange de religion et de politique, mais si caractéristique de ces cités États dominées par un pouvoir démocratique commerçant avant tout, tout en étant fort respectueux de l’Eglise.

Regardons ce baptistère. Qu’est-ce qui frappe de prime abord ? Selon nous, c’est le revêtement de marbre. Pourquoi? Car, contrairement à la cathédrale, cet édifice n’est revêtu que de deux marbres de couleur différente : il y a le blanc de Carrare et le vert de Prato, deux cités toscanes, proches de Florence. Ce parement de marbre est sans précédent. Pourquoi ? Parce que les incrustations de marbre révèlent parfaitement la structure architecturale de l’édifice. Le tracé de l’étage, des piliers, des voûtes se retrouve parfaitement dans la composition du revêtement. Et cela est unique.

Autre conception liée au parement : le fait que les formes géométriques ordonnées avec une grande rigueur soient le reflet d’une conception idéale classique florentine. Les formes pures révèlent ainsi la rationalité de la construction et de la pensée humaine, une idée qui sera de mise à l’époque de la Renaissance à Florence.


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