Le temple de Vesta 

Le forum romain

Le temple de Vesta 

Tournons-nous vers la fontaine de Juturne. Nous tournons donc le dos au temple de César. Continuons alors la rue à notre gauche, pour nous diriger vers les restes d’un mur blanc et semi-circulaire qui se trouve un peu plus loin. Il s’agit du temple de Vesta.

Ce mur de marbre blanc est la reconstruction moderne d’une partie du petit temple circulaire de Vesta, dans lequel les vestales entretenaient le feu sacré, symbole du foyer et de Rome. Disons quelques mots sur ces vestales, consacrées à Vesta la déesse du foyer, et sur leur maison

Il était considéré comme le cœur de la ville, et ne devait jamais s’éteindre. Les 6 vestales, qui vivaient dans la maison voisine, l’entretenaient jour et nuit. Petit temple rond avec un foyer en son centre, le temple de Vesta est sans doute la transposition en pierre des cabanes primitives des origines de Rome. On en a trouvé des traces lors des fouilles sur le Palatin. Cette obsession d’avoir un feu « source », toujours allumé, et sur lequel il faut veiller comme à la prunelle de ses yeux, est une prolongation des temps anciens. À travers ce temple, Rome entretient la mémoire de ses origines rurales et pastorales.
Mais revenons aux vestales. Elles appartenaient toutes à la noblesse romaine. Au nombre de 6, elles étaient dirigées par le grand pontife, le Pontifex Maximus, grand responsable de la religion officielle à Rome. Elles entraient en fonction pour 30 ans et devaient prononcer certains vœux dont celui de chasteté. Malheur à la vestale qui rompait ses vœux. Son châtiment était d’être enterrée vivante. L’écrivain grec Plutarque a laissé à la fin du premier siècle le récit terrible d’une de ces condamnations :

« L’infortunée coupable est menée sur un char funèbre, auquel elle est liée par des lanières de cuir, à travers le forum, le Vicus Longus, l’Alta Semita, jusqu’à la porte Collina. La foule s’écarte en silence au passage du cortège funèbre, on n’entend pas un mot, pas une plainte. Les larmes coulent silencieusement des yeux des spectateurs. Toute la ville est parcourue d’horreur et de douloureuse pitié. Enfin, le cortège arrive près de l’ouverture d’une crypte, le Grand Pontife lève les bras vers les dieux, l’infortunée coupable descend par une échelle vers la tombe. À peine est-elle dans la crypte, l’échelle est enlevée, et l’ouverture fermée par une grosse pierre. On amasse de la terre par-dessus, jusqu’à effacer toute trace du lieu tragique. »

Mais c’est là un cas bien rare. De manière générale, les vestales étaient des personnages importants de la ville, occupant les places d’honneur lors des cérémonies officielles et des spectacles. Elles vivaient dans une maison qui communiquait avec le temple. Allons la voir et, pour ce faire, plaçons-nous de façon à avoir le temple de Vesta à droite. Avançons un peu jusqu’à ces quelques marches qui mènent à une barrière depuis laquelle on peut voir ce qui fut la cour de la maison des vestales. Imaginez cette cour bordée de portiques à colonnes. Entre les colonnes, des statues de vestales, dont quelques-unes subsistent. Au centre, des bassins d’eau. A droite, le temple de Vesta. À gauche de la cour, sur le petit côté le plus éloigné de nous, la maison à proprement parler. On considère parfois que la maison des vestales servie de modèle aux couvents de religieuses du Moyen Age. Car le temple et la maison d’habitation sont reliés par une cour à portique, qui nous rappelle un cloître. Ces femmes, les religieuses, doivent faire vœu de chasteté et obéir à la plus âgée d’entre elles, la mère supérieure. Décidément, la plupart de nos structures sont bel et bien héritées de Rome.


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