L’histoire du palais de Buckingham

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L’histoire du palais de Buckingham

Maintenant, allons nous placer sur la place du monument à Victoria, au milieu du rond-point. C'est de là qu'on a la meilleure vue sur l'ensemble des façades du palais. Puis, regardons la façade du palais.

Nous allons maintenant parler du style et de l’histoire de ce palais. Cette façade majestueuse et imposante est de style néo-classique ou géorgien, du roi George 3. Ce qui veut dire que les architectes qui ont conçu ce palais s'inspirèrent sur le continent européen au cours de leurs voyages. Ils utilisèrent les colonnes grecques ou romaines, les frontons triangulaires des temples antiques, revus et corrigés par la renaissance italienne ou par l'art français du siècle de LOUIS 14. Mais ce que nous voyons ne date que de la 1re partie du 20e siècle. Elle a été remaniée à de très nombreuses reprises depuis sa création .Voici l’histoire du palais.
Le palais de Buckingham doit son nom à son avant-dernier propriétaire. En 1702 donc, Lord Sheffield, duc de Buckingham, achète une maison de campagne en bordure du jardin royal de St James pour son épouse, une fille bâtarde du roi Jacques 2. La maison ne lui convient pas et le duc est obligé de faire remanier la maison qui devient très importante. Quelques 60 ans plus tard, c’est le roi George 3 qui rachète la propriété, lui aussi pour son épouse, la reine Charlotte. Il en fit une résidence privée à la suite de son mariage avec Charlotte de Mecklenbourg-Strelitz, avec laquelle il aura 15 enfants. Il pensait qu’une grande maison, à l’abri des regards et environnée d’un grand parc, conviendrait à sa nombreuse progéniture. Pour remettre la maison au goût du jour, il fait appel à un des plus grands architectes anglais de son temps : sir William Chambers. Ce personnage, amoureux de l’Italie et du classicisme, va être un des premiers à introduire en Angleterre le goût néo-classique. Vers les années 1770/80, sous la direction de Chambers, The Queen's House (la Maison de la Reine) car tel était le nom qu’on lui donnait, fut modernisée et agrandie. Cela permit de recevoir le Roi, la Reine et leurs enfants, ainsi que leur collection de livres, de peintures et œuvres d'art qui s'étoffaient constamment. Mais le roi préférait toujours St James palace -dont nous reparlerons tout à l’heure- et ne voulut pas en faire la résidence officielle de la couronne.
A la mort de la Reine Charlotte, George 3 retourne à St James et Buckingham reste vide jusqu'à l'accession au trône de Georges 4 en 1820. Le roi Georges 4 avait, lui, passé toute son enfance au palais de Buckingham et juge St James trop vieux et malcommode. La résidence royale la plus à la mesure de ses fonctions était pour lui Buckingham House. Cela dit, il fallait l’agrandir. Et un plan fût dessiné par John Nash, qui, comme George 4, était partisan d’un style néo-classique.

Par manque de fonds, on se contenta de réaménager l'ancien bâtiment, de le rhabiller en quelque sorte. Le plan d'origine de la vieille Buckingham House se retrouve d’ailleurs à l'intérieur du nouveau bâtiment. On y trouve encore des pièces d'origine, comme le Grand Hall et l'Escalier.

La principale modification de Nash fut apportée aux ailes du bâtiment central originel. Il a été réorganisé autour d’une cour centrale, que nous ne voyons qu’au travers des voûtes d’entrée qui percent la façade.
Un arc de triomphe en marbre, La Marble Arch, qui fut déplacée plus tard à Hyde Park Corner, formait le 4e côté de la cour et commémorait les victoires de Trafalgar et Waterloo. L'extérieur du palais de Nash, en pierre de Bath, était d'une élégante facture néoclassique française, typique du goût personnel de Georges 4. C'est ce qu'on appelle ici en Angleterre le style regency. C'est un style sobre, élégant et solennel. On peut dire que c’est une des variantes du style néo-classique.
A chaque extrémité se trouvaient des serres, rejointes par une étroite terrasse qui longeait la façade.

Regardons au niveau du 1er étage sur la façade : cette terrasse existe encore : on la voit bordée de balustrades qui sont ces barrières en pierre et au niveau de l'avancée centrale, elle se transforme en balcon .C'est de là que la reine et toute la famille royale saluent le peuple et annoncent les grands événements.
Regardons le toit maintenant : il est bordé lui aussi d’une balustrade à la mode italienne qui rappelle celle du balcon. Toute la façade reprend ainsi des caractères de l'architecture italienne de la renaissance, elle-même inspirée de l'antiquité. Nous voyons donc ici tous les éléments de décor qui font dire que ce palais appartient au style néo-classique : l'avancée centrale surtout est remarquable avec ses grandes colonnes et son fronton triangulaire qui la font ressembler à un temple romain.

Le prix des constructions effectuées par Nash excéda de beaucoup les estimations et après la mort de Georges 4 en 1830, l'architecte fut renvoyé pour "irrégularité inexcusable et grande négligence".

Le roi n’avait jamais pu habiter son nouveau palais. Le trône passa ensuite au frère de George 4, Guillaume 4. Ce dernier embaucha un autre architecte, Edward Blore, pour terminer le travail, mais il n’aimait pas du tout ce palais. En 1834, quand le parlement brûle, il va même jusqu’à proposer aux Chambres de venir s’installer à Buckingham. Mais le Parlement refuse, préférant les rives de la Tamise où il était installé depuis 8 siècles. Guillaume IV mourut en 1837, juste au moment où le Palais était enfin prêt à être habité.

Et c’est sa nièce, Victoria, qui va essuyer les plâtres, dirons-nous, et en faire la résidence officielle des rois d’Angleterre quand elle accède au trône en 1837. Mais une chose dérange la jeune souveraine : Il n’y a pas de nursery dans le palais, trop peu de chambres d’amis et pas de chapelle. Il faut donc refaire des travaux.
On rappelle l’architecte Blore. L’ensemble formait alors un « u » ouvert sur « Marble Arch », une arche en Marbre. Mais la seule solution trouvée pour satisfaire les exigences de la souveraine sera de déplacer la Marble Arch et de construire à la place une autre aile qui fermera dès lors le carré de la cour intérieure.
Sous le règne de Victoria des modifications constantes vont encore accroître l’importance du palais.
En 1847, l'architecte ajoute une façade frontale devant laquelle nous nous trouvons. Il ouvre une voûte d'entrée centrale et cette voûte principale est elle-même encadrée par deux voûtes latérales dans le soubassement. Regardez : c’est ce qui forme l’entrée actuelle de la cour que nous apercevons derrière les grilles.

Une seule chose importante manquait encore : c’est la salle de bal. Ce sera chose faite en 1854 : et elle fait 37 m de long et 18 m de large.


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