La Place des Chevaliers de Malte

Le malas trana insolite

La Place des Chevaliers de Malte

Nous sommes sur le parvis de l’église. Traversons la rue et à descendre la rue Karmelitska vers la droite sur 20/30 mètres. Et prenons la première rue à gauche. C’est la rue Harantova mais le panneau n’est plus lisible.

Nous sommes maintenant à l'entrée de la rue Harantova. Prenons là et marchez une cinquantaine de mètres pour aboutir à la Place des Chevaliers de Malte. En tchèque, Malezke Namesti.

Elle ne ressemble pas à une place ordinaire, elle est fractionnée en deux parties. La première partie de la place se trouve juste devant le palais Nostic, le grand bâtiment qui est juste sur notre droite. La seconde partie de la place se prolonge droit devant nous, par la rue le long de laquelle des maisons et des palais baroques se succèdent sans que rien n'ait bougé depuis le 18e siècle. Elle s'achève tout au bout de cette rue par une statue de saint Jean-Baptiste. C'est donc tout cet ensemble en « L » qui est la Place des Chevaliers de Malte.

On dit que c'est en 1159, au retour d'une croisade en Terre Sainte, que le roi de Bohême -Vratislav 2- fit don à l'ordre de Malte d'un large territoire sur lequel ils construisirent une commanderie. Ce quartier devint rapidement totalement autonome du reste de la ville et on le baptisa la "Juridiction de Malte". L'autorité de l'Ordre sur le quartier s'exerça en fait jusqu'au 19e siècle. Aujourd'hui, c'est ce que l'on pourrait appeler le "quartier diplomatique" car chaque palais - ou presque - est occupé par une ambassade.
Et justement sur notre droite, en gardant toujours la rue Harantova sur notre gauche, il y a le Ministère de la Culture installé dans le colossal Palais Nostic, au N°1 de la Place des Chevaliers de Malte.
Allons maintenant sur le trottoir d’en face, devant la maison verte qui fait l’angle du « L » pour admirer la façade de ce palais.

Ce Palais appartenait donc à la famille Nostic. Comme pour beaucoup, c'est après la Guerre de Trente ans que leur étoile monte très haut. Si haut qu'en 1662, Johann Hartwig Nostic devient le second personnage du Royaume, après l'empereur. Il décide donc de bâtir un palais qui soit à "sa hauteur", et engage l'architecte italien Francesco Caratti.
Ce palais est immense. Il se compose de 4 corps de logis et de deux cours intérieures. Regardons cette façade : étirée, massive et au fond assez épurée. Elle est rythmée par une multitude de fenêtres jumelées et par 12 pilastres monumentaux. Pour information, généralement, quand on utilise le mot « monumental » pour un pilastre ou une colonne, cela veut dire qu’il ou qu’elle couvre deux étages. Les chapiteaux qui couronnent les pilastres sont curieux : vous voyez, ce sont comme des masques grimaçant, des grotesques comme l'on-dit. Les châssis des fenêtres sont quant à eux délicatement décorés de moulures. Tout en haut du toit, une balustrade est surmontée de quatre statues représentant des généraux de l'antiquité, un rappel bien entendu de ce que l’occupant des lieux a gagné sa position par les armes. Le portail central est lui plus tardif, il date du milieu du 18e siècle.


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