La rue Lazenska

Le malas trana insolite

La rue Lazenska

Continuons maintenant notre découverte du quartier en allant vers la seconde partie de la Place des Chevaliers de Malte. Pour cela, laissons le palais Nostic derrière nous et engageons nous, dans l'unique artère qui relie les deux parties de la Place. Puis retrouvons-nous au centre la place.
Mais bien sûr, en chemin, n'oublions pas de laisser traîner notre regard sur les façades des demeures qui animeront notre parcours. Par exemple, accordez un instant au N°6, sur le trottoir de gauche, où se trouve le délicat palais Turba, très raffiné avec son décor dans le style rocaille. Vous ne pouvez pas le rater. C’est l’ambassade du Japon et vous reconnaîtrez son drapeau : un rond rouge sur fond blanc.

Nous sommes maintenant au centre de la place où se dresse une statue de saint Jean-Baptiste. Toutes les demeures alentours datent des 17- 18es siècles.
Tournons le dos au palais Nostic, et prenons, sur notre droite la rue Lazenska. Au fond de cette rue Lazenska se trouve l'église Notre-Dame-sous-la-Chaîne.

Nous sommes maintenant dans la rue Lazenska, réputée pour ses bains, lazenska en Tchèque, depuis le 14e siècle. Juste devant nous, c'est le porche de l'église Notre-Dame-sous-la-Chaîne et à droite de l'église, nous voyons un palais baroque, c'est le palais Maltais. Pour le moment, intéressons-nous à l'église.

Cette église est l'une des plus anciennes de la ville puisqu'elle fut fondée à partir de 1169 par les Chevaliers de Malte. Au 13e siècle, elle fit ensuite partie d'un ensemble fortifié relié directement au pont qui unissait à l'époque la rive gauche à la rive droite : le Pont Judith. Ce pont était alors fermé par une chaîne d'où le nom de Notre-Dame-sous-la-Chaîne.
A la fin du 14e siècle, alors que l'architecte de l'empereur Charles 4 -Peter Parler- est en train de construire le nouveau pont : le pont Charles, on décide de raser la totalité de l'édifice roman pour faire du neuf. Mais les travaux sont rapidement abandonnés, ce qui donne aujourd'hui à Notre-Dame-sous-la-Chaîne cet aspect particulier : une entrée délimitée par deux tours médiévales, une cour et tout au fond l'église !
Derrière le portail, la cour correspondait à l'emplacement de la basilique romane qui n'existe plus, rasée au 14e siècle. On peut encore voir quelques morceaux de ses murs. Ensuite, les deux grosses tours que nous voyons de chaque côté de ce portail sont gothiques, comme le porche qui les réunit. Quant à l'église actuelle, tout au fond, elle date du 17e siècle. Malheureusement, elle est souvent fermée, mais si la voie est libre n'hésitez pas une minute, entrez ! Vous verrez alors -sur l'autel principal- un tableau de Karel Skreta, un des grands peintres du baroque bohémien. Il commémore "La Bataille de Lépante" où la marine catholique l’emporta sur la marine turque en 1571.

Revenons à maintenant à la rue Lazenska qui jouxte donc l'église Notre-Dame-sous-la-Chaîne. De cette dernière aux maisons qui l'entourent, on retrouve une des caractéristiques de Prague : le sentiment que la ville est passée sans transition du gothique au baroque. Ici encore, les contrastes sont vifs. Pour preuve, lorsque nous faisons face à l’église, tournons la tête vers la gauche. Nous voyons, au N°11, une grande bâtisse couleur havane qui ferme presque la rue. On l’appelle aujourd'hui le "Palais Beethoven". Au 18e siècle, c'était un hôtel, et le compositeur Ludwig van Beethoven y descendit en 1796 lors d'une tournée musicale qui le mena jusqu'à Prague. Beethoven vint 4 fois à Prague. En général, on imagine plus souvent les compositeurs derrière leur table de travail que sur les routes d'Europe. Mais avant d'être reconnus en tant que compositeurs, Mozart, Haydn, Schubert et Beethoven le furent en tant qu'interprètes ! Et en 1796, la "tournée" que réalise Beethoven depuis Vienne le conduisit certes à Prague, mais aussi dans toutes les villes où de grandes familles pourront le produire, à Berlin, Leipzig, Bratislava, Dresde. Tous ces artistes étaient liés à des mécènes auxquels ils rendaient hommage dans leurs créations. Toutes les partitions -ou presque- de Mozart, de Beethoven sont dédiées à ces grands noms de l'aristocratie cosmopolite qui constituaient alors les cadres de l'Empire des Habsbourg y compris dans les arts, à Vienne comme à Prague.
Par exemple, le comte Nostic, dont nous avons vu le palais tout à l'heure fut l'un des mécènes de Beethoven.


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