L’Eglise St Thomas

Le malas trana insolite

L’Eglise St Thomas

Juste en face du Palais Kounic, commence la rue Josefka où nous nous retrouverons pour ensuite rejoindre le palais Wallenstein.
Cette rue doit son nom à l'église carmélite de Saint-Joseph qui se trouve un peu plus bas sur le trottoir de droite. C'est une église de la fin du 17 e siècle.
Tout au fond de la rue Josefka, un grand mur rose bouche l'horizon, c'est le mur d'enceinte de la grande Eglise Saint-Thomas.

Cette église est sans doute la plus encaissée de la ville, coincée entre la rue Letenska, qui longe ses flancs -attention aux passages des tramways ! Et cette petite ruelle dans laquelle nous nous trouvons.
L'église est une fondation de l'ordre des Augustins. La statue du saint patron - saint Augustin - est placée juste au-dessus de la porte. L'église de Saint-Thomas est très différente de Saint-Nicolas. Autant cette dernière doit tout au 18e siècle, autant Saint-Thomas ne lui doit que son décor, plaqué en quelque sorte sur une structure qui remonte à la fin du 13e siècle, donc gothique. Les efforts déployés par le génial Dientzenhofer ne parviennent pas à nous le faire oublier.
Au premier coup d’œil, la pompe baroque est évidente, et les remaniements visibles. Ainsi, regardons ces pilastres qui sont venus recouvrir des piliers trop médiévaux. Regardons aussi en hauteur et voyons les fenêtres qui y sont. Elles ont la forme de larges lunettes curvilignes, qu’on devine très éloignées des canons du 13e siècle.
Le décor de la voûte est dédié aux épisodes de la vie de saint Augustin, et fut réalisé en 1730. Les autels, la statuaire, le recours au stuc bref tous les attributs du baroque pragois ne peuvent finalement faire oublier l'origine gothique de l'église Saint-Thomas, trahie par l'élancement vertigineux de sa voûte !
Alors à vous de réfléchir et de voir si vous préférez l’église Saint Nicolas, très homogène et où architecture et décor ne faisaient qu’un vaste théâtre baroque. Ou bien si vous préférez celle ci, qui mélange le gothique et le baroque. Pour notre part, nous préférons les lieux homogènes et, plus spécifiquement sur le baroque, nous préférons les lieux où les murs et les décors ont été conçus de concert. Car c’est là que les tours de passe-passe du baroque sont les plus indécelables et amènent au rêve. Sinon, on voit les ficelles du prestidigitateur et le tour perd tellement de son effet qu’il en devient médiocre.


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