Le marché de Vernaison

Le marche aux puces de saint-ouen

Le marché de Vernaison

Le passage Marceau est maintenant dans votre dos et là où vous pouvez apercevoir, sur votre gauche, un bâtiment moderne dont l’entrée est surmontée d’une verrière. Sur la façade, une enseigne indique « Marché Malassis ». Ce marché est l’un des derniers à avoir été construit, en 1989 et l'architecte s'inspira d'un paquebot des années 30. C'était bien vu puisqu’aujourd'hui ce marché abrite de nombreuses boutiques spécialisées dans les objets du 20e siècle, des années 30 aux années 70. On y trouve aussi des stands de décorateurs.
Juste en face de ce marché, on aperçoit : le marché Vernaison. Peut-être avez-vous remarqué, dès le début de la rue des Rosiers, toutes ces entrées matérialisées par des panneaux de couleur bleu foncé portant le nom de Vernaison. Traversez la rue et dirigez-vous vers l’entrée principale celle qui se trouve juste en face du marché Malassis au numéro 99 de la rue des Rosiers.

Nous voici au début de l’allée n°1. Rappelons-nous que plusieurs choses avaient attiré la foule ici avant la 1ère guerre mondiale, bien sûr, il y a la presse qui rapporte que l’on y trouve de tout y compris des armes. Cette information n’avait pas rebuté les gens. Bien au contraire : on se pressait vers ce marché où l’on vendait des choses interdites. D’autre part, Saint-Ouen avait toujours été un endroit synonyme de plaisir et de détente, où l’on venait se promener dans la campagne et sur les bords de Seine. On venait aussi pour déguster le petit vin blanc frais surnommé le Picolo, comme à Montmartre. Rappelons que contrairement aux cafés parisiens, les bistros situés "hors les murs" n’étaient pas soumis à l'octroi (c'est-à-dire à la taxe sur les marchandises) comme ceux qui étaient dans Paris. Donc, le vin y était très peu cher…ce qui ne pouvait que renforcer l’envie d’aller y faire un tour. D'ailleurs, c'est ici encore que l'on inventa une autre expression populaire, car venir boire du Picolo devint bien vite "picoler "… Après la guerre, le marché est tellement fréquenté que des hommes d’affaires auront l’idée d’acheter des terrains, d’y aménager des rues et d’y faire venir eau et électricité dans des stands qu’ils louent aux chiffonniers devenus, entre-temps brocanteurs. C’est Romain Vernaison qui développa le concept du marché actuel. Il était concessionnaire aux halles centrales de Paris et loueurs de chaises dans les jardins publics: ce type d’activité lui était donc familier. En 1920, il acheta un terrain et y mis en place des constructions en bois préfabriquées pour les louer aux brocanteurs. Il acceptait tout le monde : aussi bien des soldeurs (c’est à dire comme aujourd’hui des vendeurs d’objets neufs, mais au rabais) que des marchands de meubles de style. Ce marché proposait une marchandise hétéroclite à l’image des premières puces où l’on trouvait de tout. Aujourd’hui encore, comme vous pouvez le remarquer, c’est toujours le cas. Vernaison est résolument tourné vers la brocante, et la vente d’objets très divers et « dans leur jus ». Dans le jargon de la profession, cela signifie que l’objet est vendu dans l’état où il a été trouvé. On y trouve pêle-mêle : argenterie, meubles, céramiques cadres anciens, porte-clés, perles, jouets anciens, et tout cela n’est qu’un aperçu de la multitude de trouvailles que vous pouvez faire dans ce marché historique.


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