Le Quartier Industriel

Le marche aux puces de saint-ouen

Le Quartier Industriel

Mettez-vous face à la maisonnette. Contournez-la pour rejoindre l’autre allée, couverte cette fois-ci, de ce marché. Prenez à gauche dans cette allée. Au bout, vous ressortirez dans la rue des Rosiers.

En sortant du Marché Biron, vous vous trouvez en face d’un grand bâtiment en briques grises. Vous pouvez voir sur sa façade qu’il s’agit de Cap Saint-Ouen. C'est un bâtiment aux dimensions impressionnantes et dont l'architecture industrielle a été remise aux goûts du jour. Mais de quoi s’agit-il ? Eh bien entre 1882 et 1979, ces bâtiments ont accueilli l'imprimerie Chaix qui n’était autre que l'imprimerie des chemins de fer Français. Ici étaient imprimés les indicateurs qui donnaient les horaires de trains. En plus de l’imprimerie, il y avait aussi une fonderie de caractères et un atelier de lithographie. Quelques années après sa fermeture, la ville a remis cette friche industrielle en état et aujourd'hui 33 entreprises occupent les locaux.

Tout ceci n’est pas sans nous rappeler le contexte historique dans lequel les Puces évoluent.
Souvenez-vous du petit vin blanc que l’on venait déguster à Saint-Ouen. Le village possédait un grand vignoble et produisait quelque 3000 hectolitres chaque année. Mais à la fin du 19e, le phylloxéra fait son apparition en France et détruit, ici comme ailleurs, l’ensemble du vignoble. Les producteurs décidèrent de ne pas replanter et Saint-Ouen ne produisit plus de vin. Les terrains désormais inoccupés sont vite vendus car le basculement de la ville vers des activités industrielles s'accélère. En un quart de siècle seulement, le village opère une véritable mutation et voit sa population multipliée par 4. On passe alors de 5 000 habitants dans les années 1850 à 20 000 habitants en 1880. Pour information, aujourd'hui, 44000 personnes vivent à Saint-Ouen. Regardez à droite de Cap St-Ouen : sur le même trottoir se trouve un café bien connu : La Chope des Puces. Allons le voir d'un peu plus près. Cette nouvelle population ouvrière fréquentait les nombreux bistros et restaurants du quartier. A cette population s’en est mêlée une autre, celle des gitans qui séjournent aussi sur ces terrains avec leurs roulottes et animent le quartier de leur musique : le "Jazz-Manouche" est presque né ici. Django Reinhart était alors un fidèle de la Chope des Puces. Et le dimanche après midi, ce bistrot est toujours animé par des grands noms du Jazz, comme Ninine Garcia pour ne citer que lui…


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