Son géologie et son histoire

Le mont saint michel

Son géologie et son histoire

Si l’on regarde une carte, on voit que la baie du Mont Saint-Michel est bordée, du côté normand, par le bas de la presqu’île du Cotentin, et du côté breton par la presqu’île de Cancale. Elle est donc extrêmement vaste et s’étend sur près de 40 000 hectares, alternativement couverts et découverts par le mouvement des marées. Celles-ci sont les plus fortes d’Europe. La mer se retire alors à près de 15km du rivage, et remonte à une vitesse assez variable, qui peut aller jusqu’à 30 ou 35km/h. Donc, assez vite, en effet, mais pas vraiment à la vitesse d’un cheval au galop, comme le voudrait la légende. Au milieu de cette baie se dressent 2 îles rocheuses : le Mont Saint-Michel, et sa voisine inhabitée l’île de Tombelaine, formées toutes deux il y a des millions d’années. Mais la baie s’ensable peu à peu, et d’importants travaux ont été entrepris pour enrayer le phénomène. Mais le mont, dans cet environnement, et avec sa butte rocheuse de 80m de haut ne serait qu’une curiosité parmi bien d’autres, s’il n’avait pas été bâti, et en somme complété par les hommes. Alors voyons comment cela s’est réalisé. Au 6e siècle, le Mont, qui s’appelait alors le Mont-Tombe, était déjà un lieu de culte chrétien. Des ermites s’y étaient retirés, et ils y avaient élevé, semble-t-il, 2 sanctuaires. Mais, selon la légende, voilà qu’un beau jour de l’année 708, l’évêque d’Avranche, qui se nommait Aubert, reçoit en rêve la visite d’un ange, qui n’est autre que l’archange Saint-Michel. Et l’archange lui ordonne de bâtir une église sur le rocher. Aubert ne se laissant pas convaincre tout de suite, l’archange revient une deuxième, puis une troisième fois, et pour se montrer plus persuasif dirons-nous, lui perfore le crâne de son index. Après cette trépanation, l’évêque Aubert, fonde illico une église dédiée à Saint-Michel. Mais à l’époque, pour qu’un lieu religieux ait plus de poids, il lui fallait des revenus. Et les seules sources étaient les pèlerinages. Et pour cela, il valait mieux qu’il y ait quelques reliques de saint pour faire venir les gens. Aussi l’évêque Aubert décide-t-il d’envoyer des messagers à l’abbaye dédiée à l’archange st Michel, qui existait déjà, depuis 2 siècles, à Monte Gargano, au sud de l’Italie. Ils vont donc chercher des reliques.
Les reliques d’un ange ? Cela ne doit pas être facile nous direz vous. C’est vrai, mais pourtant, ils ne reviendront pas bredouilles : car ils ramènent un morceau du manteau rouge laissé par l’archange sur l’autel de Monte Gargano. Et même, un morceau du bloc de marbre «sur lequel il s’était tenu». Aubert installe sur place une communauté religieuse, puis les pèlerins affluent, et le Mont-Tombe devient le Mont Saint-Michel. Et ensuite ? Eh bien, en 966, Richard, 3e duc de Normandie décide de remplacer la 1ere communauté religieuse (des chanoines réguliers, à la discipline assez relâchée) par des moines bénédictins venus de l’abbaye de Saint-Wandrille. C’est là la 2e fondation du monastère, et il s’agit d’une fondation ducale, et normande donc. De la période normande, nous verrons au cours de la visite qu’il reste d’importants vestiges, pré-romans et romans, dont la nef de l’église. Mais les choses se gâtent entre le roi de France et les ducs de Normandie, quand ces derniers se trouvent être en même temps rois d’Angleterre, et seigneurs de l’Aquitaine, du Maine, de l’Anjou et de nombreuses autres possessions. Le roi Philippe Auguste décide alors de s’emparer de leurs possessions continentales. Et il trouve un allié dans le duc de Bretagne, qui en 1204 envoie ses soldats, avec ceux du roi , à l’assaut du Mont. Pleins de zèle, les Bretons incendient l’abbaye, et pour ne pas être accusé de sacrilège, le roi de France dépense sans compter pour la reconstruction des bâtiments. C’est la chance de l’abbaye : elle doit à cette reconstruction l’un de ses plus beaux bâtiments : « La Merveille », l’aile nord du monastère. Et ensuite ? Eh bien ensuite il y a surtout la guerre de 100 ans pendant laquelle le Mont, constamment assiégé par les Anglais devient un symbole de la résistance française et ne se rend jamais. Puis signalons la fin du 15e siècle qui voit la reconstruction du chœur de l’église en style gothique flamboyant. Enfin, signalons que ce n’est qu’au 19e que sera rajoutée la flèche aérienne et élancée de l’église, avec à son sommet la statue dorée de l’archange.


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