La nef de l’Église

Le mont saint michel

La nef de l’Église

Rentrons maintenant dans l’église.

Nous voici à nouveau dans l’église. Regardons tout d’abord la nef. On voit des travées séparées par les demi-colonnes qui montent du sol jusqu’à la voûte. Puis, regardez au dessus de ces demi-colonnes: on voit des arcs en forme de demi-cercle. On appelle cela un arc en «plein cintre» et c’est une grande caractéristique de l’art Roman. Et ici, vous voyez qu’il est utilisé à tous les niveaux, en l’occurrence sur 3 niveaux. On le trouve en effet sur les arcades du rez-de-chaussée, qui relient la nef aux bas-côtés, ensuite au 2e niveau avec une paire de fenêtres doubles (on dit aussi géminées) ouvrant sur des tribunes, et au 3e avec les fenêtres hautes. Et quel effet visuel est ce qu’il provoque ?: amusez-vous à regarder une arcade et faites attention à comment votre regard va se promener de façon naturelle. Recommencez cette expérience à différents endroits où vous voyez des arcs plein cintre. Alors ? Et bien oui en effet, le regard est naturellement amené à retourner vers les colonnes ou les murs puis vers le sol. L’art roman donne tout naturellement une impression de stabilité ancrée dans le sol. Rarement les mots « aérien » ou « transparent » seront utilisés pour le décrire. A la différence, évidemment, de son successeur l’art gothique, comme nous allons le voir dans un instant en regardant le chœur de l’église. Mais encore un mot de cette nef romane. Une autre caractéristique de l’art roman est souvent la rareté de la lumière, due à l’étroitesse des fenêtres. Eh bien ici, au contraire, vous constatez que la nef est assez claire : cela vient un peu des 2 côtés de l’église qui ne sont pas romans, et qui apportent de la clarté. Et cela vient aussi de la façade du 18e avec sa grande fenêtre au dessus du portail, et du chœur gothique largement ouvert à la lumière. Mais pas seulement : car cette lumière vient aussi des fenêtres hautes romanes –même si elles ne sont pas très larges- et des fenêtres des bas-côtés –rappelons que les bas-côtés sont les nefs latérales qui bordent la nef centrale. Cette présence de la lumière s’explique par le fait que les bâtisseurs de cette nef n’avaient pas à tenir compte du poids de la voûte. Car il s’agit d’une voûte de bois, très légère. Et donc, à la différence de beaucoup de bâtisseurs d’églises romanes où les voûtes étaient en pierre: ils n’ont pas eu à raréfier les fenêtres de crainte de fragiliser les murs et de les voir s’effondrer. Signalons un autre avantage, la nef peut-être plus large. Du coup, les bas-côtés qui servent à soutenir la nef (un peu comme des serre-livres sur une bibliothèque), peuvent être plus étroits. Et comme ils sont plus étroits, la lumière de leurs fenêtres tombe tout de suite dans la nef. Et de quand date cette nef romane ? Eh bien des années 1070 environ, du moins du côté droit, car le côté gauche, lui, s’est effondré. Eh oui malgré ce que nous venons de dire de la légèreté de la voûte ! Il s’il s’est effondré tout seul, en 1103, et a alors été reconstruit presque à l’identique: au premier abord rien ne le distingue de l’autre côté.


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