Le transept de l’Église

Le mont saint michel

Le transept de l’Église

Et que peut-on dire ici du style de la sculpture –c’est-à-dire des chapiteaux sculptés ? Eh bien qu’il est assez fruste, vous le constaterez en allant en regarder un ou deux, par exemple ceux de la dernière arcade de la nef à droite, juste avant le transept. Rendez vous devant cette arcade.

Bon, nous voilà devant la dernière arcade sur la droite de la nef. Eh bien, autant l’architecture de cette nef paraît claire, équilibrée, harmonieuse, autant la sculpture, tenez, regardons le chapiteau de droite, semble archaïque, non ? Il y a à cela 2 explications : la 1ere c’est la date: les années 1070, c’est encore assez tôt dans l’histoire de la sculpture romane, la floraison s’est surtout produite après 1100. Et on peut dire en somme que l’architecture a été en avance sur la sculpture notamment en Normandie. La deuxième explication, c’est le matériau, le granit, difficile à travailler, et qui ne permettait pas de toute façon une sculpture beaucoup plus sophistiquée. Quittons maintenant des yeux cette nef et avançons dans le transept, dans la partie centrale, que l’on appelle la croisée du transept.

Dans le plan d’une église comme celle-ci, le transept, c’est la traverse horizontale de la croix que forme l’église. Le transept lui aussi est globalement roman car il y a une partie gothique.

Quand on a la nef dans le dos, c’est sur notre gauche. Et en particulier, il faut regarder vers le haut du mur : on voit qu’une grande baie a été ouverte. Elle est composée de 4 lancettes surmontées de trois roses. Signalons que dans le jargon de l’architecture, les lancettes sont d’étroites fenêtres gothiques ayant la forme, disons, d’une lame d’épée : elles sont souvent présentes par groupe de deux ou quatre. Quant à la rose, ou rosace, eh bien c’est une ouverture circulaire. Maintenant, regardez du côté droit du transept : là, comme on le voit, le mur du fond est purement roman. Selon nous, il est très réussi dans sa simplicité, avec ses 2 fenêtres romanes en arc plein cintre flanqué de colonnettes qui partent du niveau du sol. Et au dessus de ces fenêtres, une rose, d’assez grand format qui introduit dans cette architecture romane la forme géométrique parfaite, le cercle, une ligne sans début ni fin. Et qui a toujours été, pour cette raison considérée comme un symbole de l’infini ou de l’éternité. Justement, que voit-on au-dessus de cette rose ? Levez les yeux. C’est une voûte romane qui a la forme d’un demi-tonneau. On l’appelle une voûte en berceau. Elle est quant à elle une image symbolique de la voûte céleste. Ainsi, quand on y réfléchit bien : pour des raisons techniques principalement, l’art roman a été plus ou moins obligé de travailler avec la forme du cercle. Cela a amené le regard toujours vers le sol. Et cela a produit des voûtes avec cette forme demi-cylindrique. Mais l’art roman a chargé ses trois contraintes d’une dimension symbolique : le cercle symbolisera l’éternité, la voute sera le ciel et le sol sera la terre.


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