La galerie nord

Le mont saint michel

La galerie nord

Allons maintenant jusqu’ au bout de notre galerie ouest, à l’angle de la galerie suivante.

Nous sommes maintenant à l’angle des galeries ouest et nord : regardez l’espace qui sépare les arcades intérieures et extérieures, en enfilade, sur toute la longueur d’une galerie. Avec les petites voûtes qui le recouvrent, l’effet est superbe: avis aux photographes! Bien, maintenant, rendez-vous dans la dernière galerie du cloître, la galerie est, devant la porte du réfectoire. C’est ce bâtiment en granit que vous voyez avec un grand escalier.

Avant d’entrer dans le réfectoire, regardons cette galerie du cloître, elle aussi a un décor sculpté : remarquez, en face de la porte du réfectoire, une scène de vendanges. Entrons maintenant dans le réfectoire.

C’est sans conteste l’une des plus belles salles de l’abbaye. Et nous allons la découvrir. Alors : pour la même raison que le cloître, le réfectoire est couvert d’une voûte lambrissée. Il occupe lui aussi le troisième étage de l’un des 2 bâtiments qui forment la Merveille. Les tables et les bancs, sont dressés parallèlement aux murs, ce qui est conforme -dans l’ensemble- à la disposition médiévale. A l’époque, les moines ne devaient pas avoir de vis-à-vis pendant les repas et n’occupaient donc qu’un côté de la table. Durant les repas, des lectures pieuses –des vies de saint le plus souvent- étaient faites depuis une chaire de lecture. Avançons jusqu’aux 2 tiers de la longueur du réfectoire, nous verrons alors la chaire de lecture, qui est sur le côté droit. C’est cette espèce de loggia taillée dans la pierre.

Elégante, n’est-ce pas ? Quant à l’escalier : il est logé lui aussi dans l’épaisseur du mur. Suivez-le en regardant vers le bas : il ne descend pas au dessous de l’appui des fenêtres. Vous avez remarqué ? Alors bien sûr, on devine que la 1re marche de pierre devait être précédée de deux ou trois marches de bois. Mais pourquoi avoir fait cela ? Pourquoi ne pas avoir laissé les marches de pierre descendre jusqu’au sol. Et bien, tout simplement, l’architecte a voulu le plus possible intégrer cette chaire aux lignes horizontales du réfectoire. Voyez que cette dernière marche de pierre va pile jusqu’au niveau du rebord des fenêtres. D’ailleurs, regardez les colonnettes de la chaire. Voyez leur espacement. C’est le même que celui des fenêtres. Vous avez vu ? Donc pas de rupture des lignes verticales là non plus.
Eh bien justement, parlons de ces fenêtres : c’est peut-être la chose la plus remarquable dans cette salle. Elles sont étroites comme des meurtrières afin de ne pas affaiblir le mur. Mais elles sont très nombreuses afin que la lumière inonde la salle. Cela dit, quand nous sommes entrés dans la salle : qu’avons-nous vu ? Avons-nous vu les meurtrières ? Non. Nous avons vu des encadrements de fenêtres qui nous semblaient du coup être larges. Et cette impression était renforcée par la grande luminosité. De plus, ces encadrements en arcade retombent sur des colonnettes qui ne manquent pas d’attirer notre regard. Bref, tout cela dénote une bonne connaissance du regard : on créé un leurre –les encadrements larges- et on attire le regard dessus. Et elles n’ont en effet pas du tout la même largeur. Un procédé très ingénieux, qui nous montre, en même temps, l’épaisseur des murs. Levez les yeux à présent pour regarder la voûte de charpentes. Un dernier mot à son sujet. à intervalle régulier, vous voyez une grande poutre horizontale qui franchit la largeur du réfectoire, et elle forme un T renversé avec une poutre verticale qui la relie au sommet de la voûte: il s’agit bien sûr d’un système de consolidation de la voûte, et de réduction des poussées qu’elle exerce sur les murs.


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