La salle des hôtes

Le mont saint michel

La salle des hôtes

Bon, il est temps de descendre : tournons-nous vers la porte d’entrée, et regardons le mur de gauche : pas très loin de l’entrée s’ouvre sur ce mur de gauche une porte plus petite, celle d’un escalier. Nous allons descendre cet escalier jusqu’à la salle des hôtes. Rendez-vous dans la salle des hôtes.

Voilà, nous sommes dans la salle des hôtes, une splendide salle gothique voûtée d’ogives.
Une colonnade centrale la divise en 2 nefs : remarquez la minceur et l’élancement des colonnes. Prenez quelques secondes pour voir leurs chapiteaux sculptés à motif de feuillage. Joli n’est ce pas ? Vous l’aurez compris, dans ce bâtiment à plusieurs étages, les architectes ont préféré prendre leurs précautions pour éviter l’écroulement de l’ensemble : plafond de bois dans le réfectoire, et ici rajout de colonnes au milieu pour que les poussées des deux moitiés de la voute se compensent au milieu. Quant aux poussées transmises vers les murs latéraux, elles sont contenues par des contreforts extérieurs, nous les avons vus tout à l’heure le long du bâtiment de la Merveille, en montant à l’abbaye. Mais il y a aussi des contreforts intérieurs : regardez à droite et à gauche, contre les longs murs : ces piliers plus profonds que larges vers lesquels retombent les ogives des voûtes  ils servent de contrefort, mais on ne s’en aperçoit pas d’abord, car ils semblent au premier abord destinés à recevoir les arcs brisés qui reposent directement sur eux. Tout cela est très réussi et très élégant : levons encore les yeux et regardons bien la voûte : pour notre part, cela nous donne l’illusion d’être sous un grand parapluie de pierre. Bien, il y a naturellement autre chose qui attire l’œil ici : ce sont les 2 immenses cheminées dotées d’une même hotte, qui occupent le mur du fond de la salle. Tournez-vous vers elle. Eh bien, ces cheminées n’étaient pas principalement destinées à chauffer la salle, il y en avait une troisième pour cela : on en voit les vestiges, contre le mur de la 4e travée. Non, la taille de ces cheminées-ci montre qu’elles étaient destinées à la cuisson des repas. C’est assez inélégant allez vous nous dire de recevoir les hôtes dans la cuisine. C’est vrai, mais il y avait une grande tapisserie qui était accrochée à une poutre et qui séparait les cheminées des tables des repas. Mais précisons qu’il s’agissait des repas servis aux pèlerins de marque reçus dans l’abbaye –plusieurs rois de France parmi lesquels Saint-Louis, Louis 11, et François 1er. Et non des repas des moines, pour lesquels existaient d’autres cuisines, proches du réfectoire, et aujourd’hui assez transformées, et non visitables. Cette salle des hôtes était à la fois de grande allure, assez bien chauffée, dotée d’un remarquable carrelage de terre cuite, aujourd’hui disparue, mais connue par quelques fragments. Et par ailleurs, elle était dotée d’un certain confort « moderne », dirons nous, c’est-à-dire de toute une série de latrines placées entre les contreforts extérieurs, sur le mur nord.


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