La mosaïque de Zliten

Le musee archeologique de tripoli

La mosaïque de Zliten

Avec ce tour du mausolée, vous avez bien vu le mélange qui s’est effectué entre les mondes latins et berbères. Maintenant, lorsque vous êtes devant le lion du mausolée, retournez-vous et vous voyez alors une grande mosaïque sur le mur d’en face. C’est la mosaïque de Zliten.
Regardez-la tout d’abord sans vous approcher de trop près. Elle est datée du 3ème siècle. Cette pièce est un exemple de ces somptueux pavements de marbre des villas de bords de mer. Elle provient de Zliten, une localité située à une trentaine de kilomètres de Leptis Magna. Elle est d’une qualité exceptionnelle par sa technique et son décor. Nous allons donc la commenter.
Intéressons - nous tout d’abord à la technique. Et maintenant, approchez- vous pour la regarder de plus près. Elle combine les 3 techniques du travail de la mosaïque que sont : l’opus sectile, l’opus tessalatum et l’opus vermiculatum. Pour faire simple, ces 3 techniques ont en commun d’assembler différentes pièces pour créer un motif. Comme un puzzle. Elles différent entre elles simplement par la taille des pièces assemblées. Bien évidemment, plus la taille est petite, plus c’est difficile. Alors maintenant, commençons par la 1ère technique dite « opus sectile ». Et pour cela, regardez au centre de la mosaïque. Vous voyez un assemblage de grands cercles de marbre de couleurs. Nous voyons ici un puzzle de marbre (une marqueterie en marbre en fait) mais sachez qu’on peut utiliser aussi d’autres matériaux comme des morceaux de tuiles, de briques, ou des galets. Tout dépendait de l’exigence du commanditaire, et de ses moyens. Ici, il devait être très riche car le marbre est absent de Lybie. Il a donc dû les faire venir à grands frais de l’autre bout de l’empire romain. La 2ème technique -opus tessalatum donc- s’apparente à la technique précédente, mais en diffère par le fait qu’elle emploie des morceaux plus petits qu’on appelle des tesselles. Ce sont ces petits cubes de marbre, d’environ 1 cm de côté. Pour les faire tenir ensemble, il faut les assembler dans un mortier. Cette technique permettait de représenter des dessins plus petits. Pour en voir, regarder la frise blanche et noire qui entoure la mosaïque. Et approchez-vous de cette frise. Vous voyez les petits morceaux ? C’est la taille intermédiaire : environ 1 cm de côté.
Et maintenant, portez toute votre attention sur le centre de la composition. Comme vous le voyez, il y a une alternance de carrés décoratifs et de carrés avec des personnages ou des animaux. Les 1ers sont assez gros : c’est la 1ere technique. Les 2èmes sont très fins : c’est la technique de »l’opus Vermiculatum » où les carreaux les tesselles pour les amateurs de mosaïques font environ 2mm de côté. Du très fin donc. Ils représentent la faune marine de la méditerranée. Vous pouvez voir des poissons, des poulpes, des crustacés. Ils sont remarquables par l’impression de vie, la beauté des couleurs. C’est un travail beaucoup plus délicat, plus raffiné qui permet de rendre de nombreux détails. Par ce procédé de « l’opus Vermiculatum », on parvenait à des résultats très proches de la peinture. Regardez les scènes animées de la bande qui cerne ces motifs centraux. Elle représente des spectacles impériaux dans l’amphithéâtre, regardez la partie haute de cette frise. Vous voyez un groupe de musiciens. Ils forment l’orchestre qui présidait aux jeux. Portez toute votre attention sur eux. Tout à gauche de ce groupe : un trompettiste. A côté : un organiste devant son orgue hydraulique, puis 2 hommes assis sur des tabourets, qui sont les sonneurs de cors. Regardez derrière eux. On voit une civière. Et à quoi servait-elle à votre avis ? Bravo, là encore, vous avez trouvé : elle servait à dégager les gladiateurs blessés ou morts. Puis, à la suite de l’orchestre, à droite donc, on voit les 3 phases qui rythmaient une journée de jeux dans un amphithéâtre. La scène continue, parfois fragmentaire, sur la bordure droite. Il en est ainsi sur tout le pourtour. Laissez votre regard parcourir l’ensemble, vous y verrez tout d’abord des venatio, c'est-à-dire des chasses, qui étaient les jeux du matin. Prenez le temps de regarder. Vous verrez des cerfs, sangliers, antilopes, daims, onagre, taureau, autruche…qui sont traqués par des hommes et des animaux. En dessous de ces scènes, on peut voir encore les damnatio ad bestias : ce sont les condamnations aux fauves qui avaient lieu le midi. Et enfin, en dessous encore mais sur la bande horizontale, ce sont les combats de gladiateurs, qui sont les jeux de l’après-midi. La qualité du travail est remarquable, par la variété des attitudes des hommes comme des animaux, le juste rendu des détails des armements, des pelages, tout cela rendant compte de la cruauté et de la violence de ces divertissements si prisés par les Romains.


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