La scène de l’Adoration des Mages

Le musée d'art religieux et d'art mosan (maram)

La scène de l’Adoration des Mages

Et maintenant, observons les oeuvres. Le premier étage du musée est consacré à l’art depuis la Renaissance jusqu’au 19e siècle. Quelques œuvres majeures s’y trouvent déjà. Cependant, c’est surtout au 2e étage que nous aurons à faire aux principaux trésors de ce musée, les œuvres de l’époque romane.

Plaçons-nous à la porte qui sépare la salle de la cage d’escalier, comme si nous rentrions pour la première fois dans la salle. Juste à note gauche se trouve une petite vitrine. Sur la planche du haut, nous y voyons une belle petite crèche en bois peint. Plutôt qu’une crèche, c’est une scène de l’Adoration des Mages. Elle date du début du 16e siècle, et provient ans doute à l’origine de la région de Nüremberg, en Bavière. Elle est réalisée en chêne, très finement coloré, polychromé. La provenance de Nüremberg n’a rien d’étonnant. Car la principauté de Liège fut toujours, depuis le Haut Moyen-âge, politiquement, sinon culturellement, tournée vers le Saint Empire Romain germanique. Bien sûr, on n’a jamais parlé l’allemand à Liège, mais nombreux furent les princes évêques d’origine allemande, avec notamment au 16e siècle, Ernest de Bavière.

Le type de scène que nous voyons ici reflète bien le type d’image offerte à la piété colorée et populaire des fidèles. On y voit un extraordinaire souci du détail, et la coloration rend les personnages encore plus vivants. C’est ce qui nous touche encore dans ces œuvres. La Vierge est assise au centre, l’enfant sur ses genoux. Elle est le centre de cette composition dense et touffue. A sa gauche, debout, se trouve saint Joseph, ainsi qu’un roi mage agenouillé. A droite, un second roi mage tient une boîte d’or. Tout ce groupe, entouré de la foule nombreuse des serviteurs des rois et de visiteurs divers, se détache sur le fond d‘un mur à créneaux, derrière lequel émerge la tête de soldats armés. Est-ce l’armée des rois, ou bien les soldats du roi Hérode qui, come le racontent les évangiles, sont déjà à la recherche des enfants de moins de deux ans, afin de les tuer . Car une prédiction avait annoncé à Hérode l’arrivée d’un nouveau roi des juifs. Prenez le temps de regarder cette belle crèche.

Et maintenant, regardons à droite, à côté du mur, se détache un groupe de musiciens, dont l’un souffle dans un trombone à coulisses, instrument très en vogue à cette époque. Il portait le nom de saqueboute. Ce nom vient des vieux verbes français « saquer » et « bouter », tirer et pousser. Ce nom fut donné à cause du mouvement imprimé par le bras à la coulisse du tuyau.
Au-delà de ces groupes de personnages, s’élève un paysage rocheux hérissé de tours, représentés assez petits, pour marquer l’effet d’éloignement. Ce genre de composition sculptée s’inspire assurément des expériences de perspective faites en peinture à la même époque.


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