La lignée de sainte Anne

Le musée d'art religieux et d'art mosan (maram)

La lignée de sainte Anne

Si nous faisons face à la Vierge de Berselius, nous avons à notre droite un long podium de bois peint, sur lequel repose une multitude de statues de bois. Elles représentent différents saints et saintes. Allons juste dans le coin, pour regarder la belle grande statue qui se trouve dans ce coin, sur la planche du haut. Elle représente la « lignée de sainte Anne », sainte Anne étant traditionnellement considérée comme la mère de la Vierge, donc la grand-mère du Christ. Cette œuvre est à nouveau d’origine allemande et date du début du 16e siècle.

La lignée de sainte Anne est un thème très fréquent de l’imagerie chrétienne de la fin du Moyen Age. Sa fonction était multiple. À la fois elle soulignait la pureté de la naissance de la Vierge, née sans péché, dans la mesure où sa conception fut également miraculeuse et non charnelle. En même temps, elle soulignait bien la transition que faisait Marie entre l’Ancien Testament, auquel appartient encore sainte Anne, et le Nouveau Testament, qu’il inaugure. C’est la Vierge qui marque la transition, étant né dans l’Ancien Testament. Toutefois, ce genre d’image sera interdite par l’Eglise à partir de la fin du 16ème siècle, car le sujet repose sur des légendes, et non sur les écritures. De plus, cette tradition voulait que trois fois veuves, sainte Anne se soit remariée trois fois, et ait chaque fois donné une sœur à Marie. Ceci laissait donc bien sûr planer des doutes sur la conception « sans pécher » de Marie.

La Sainte est représentée en grand. Dans chacun de ses bras, elle tient, à gauche, l’enfant Jésus, et à droite Marie enfant, les mains jointes, avec ses longs cheveux pendant. Ces personnages sont représentés tout petits, trop petits même dirions-nous, même pour des enfants. De cette disproportion vient toute la monumentalité, mais aussi la grande tendresse de l’œuvre. Sainte Anne, avec un visage de femme déjà âgée, regarde sa fille avec douceur, et sa petite fille regarde déjà son bébé avec un air également aimant. Notez ici la manière dont sont représentés les drapés des robes, très épais et denses. Ils cachent complètement les corps. Vous pouvez ainsi vous faire une meilleure idée du côté novateur de la Vierge de Berselius à son époque. Les couleurs de cette statue semblent anciennes, peut-être du 17e siècle. Observez en particulier les beaux effets décoratifs des motifs végétaux sur la robe de sainte Anne. Une feuille d’or couvre son manteau, dont la doublure est ornée d’une feuille d’argent peinte en vert, ce qui lui donne un bel éclat cuivré.


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