La vitrine d’orfèvrerie

Le musée d'art religieux et d'art mosan (maram)

La vitrine d’orfèvrerie

Tournons-nous maintenant vers la vitrine d’orfèvrerie. De nombreuses pièces y sont présentes, la plupart du 17e siècle. Le 17e siècle, comme par après la 18e, a été une époque de grand rayonnement pour les orfèvres liégeois, qui produisent en abondance vaisselle et surtout objet liturgique. La plupart des principaux orfèvres du temps sont connus, et reconnaissables au poinçon - ou marque de fabrique - que l’on trouve généralement sous le pied de ces objets. On retrouve aujourd’hui de l’orfèvrerie liégeoise un peu partout en Europe, car sa renommée faisait qu’elle était aussi exportée.
Prenons un exemple éclatant. Au milieu de cette grande vitrine se trouve un haut et grand objet sur pied, portant en son centre un soleil de verre, et surmonté d’une riche couronne d’or ornée de pierreries. Il s’agit d’un ostensoir, c’est-à-dire un objet destiné à montrer l’hostie aux fidèles, hostie qui est alors placée dans le soleil de verre, au centre. La présence de ce soleil fait qu’on appelle ce type d’ostensoir « ostensoir soleil ». Il date de 1663 et sa description nous montrera combien il est précieux. Il est fait d’argent doré. Regardez au sommet du pied : il s’y trouve un renflement – ce qu’on appelle en orfèvrerie un « nœud ». Sur ce nœud, donc, se trouvent représentés, en reliefs, les profils des quatre évangélistes. Le soleil lui-même est entouré de deux petites statues de saint Pierre à gauche, et saint André à droite, avec sa croix en « X ».
Au-dessus du soleil, on voit une statuette de la Vierge à l’Enfant : la Vierge montre le fils de Dieu. C’est la réplique symbolique de l’ostensoir qui lui aussi le montre sous la forme du saint Sacrement. Cette statue de la Vierge est entourée d’une architecture dorée portant les effigies de sainte Barbe, à gauche, représentées avec la tour dans laquelle elle fut enfermée, et sainte Catherine à droite, avec la roue de son supplice. Le tout est surmonté de cette magnifique couronne impériale, elle-même surmontée de la croix. Bref, encore une fois, un objet extrêmement précieux. Et cela montre la grande importance donnée à cette époque, en plein âge baroque, à la vénération de l’Hostie. Celle-ci avait lieu notamment lors de la Fête-Dieu. Cette grande fête a lieu chaque année au mois de juin et est consacrée à la vénération du Saint-Sacrement, c’est-à-dire au corps du Christ sous la forme du pain, de l’hostie. Au cours de cette fête, l’hostie est promenée en procession dans les rues de la ville ou du village, présentée dans un ostensoir comme celui-ci. Et cela, depuis que le pape Urbain 4 étendit cette fête à toute la chrétienté en 1264. Mais à l’origine, cette fête Dieu fut créée à Liège, en 1246. Et cela nous montre bien ce qu’était à cette époque l’importance de l’église liégeoise.


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