La lactation de Saint Bernard 

Le musée d'art religieux et d'art mosan (maram)

La lactation de Saint Bernard 

Nous allons maintenant rejoindre la cage d’escalier en prenant le petit couloir à droite. Au bout du couloir, sortons par la porte à gauche. Montons jusqu’au pallier suivant.

Arrivés sur le palier, prenons l’escalier qui part sur notre gauche. Il nous mènera à une petite salle contenant quelques très beaux tableaux.

Cette salle contient quelques beaux meubles du Moyen Age et de la Renaissance. Mais nous allons surtout nous intéresser à deux tableaux. Le premier se trouve juste face à nous quand nous entrons, dans le coin droit. Il représente la « lactation de saint Bernard ».
Ce petit tableau de l’école flamande date des environs de 1480. Comme c’est l’habitude dans ce type de peinture, la Vierge est assise sous un dais de velours vénitien, c'est-à-dire brodé. Elle tient délicatement l’enfant Jésus et porte la main à son sein, s’apprêtant à allaiter le bébé ? Mais un jet de lait jaillit et va toucher la bouche de saint Bernard de Clervaux, qui contemple la scène. Ce sujet peut, si l’on est puritain, prendre un caractère douteux, car il est évident qu’il n’est pas dépourvu d’une certaine forme d’érotisme. Pourtant, il était assez fréquent à cette époque. Il fait référence à une vision qu’aurait eue ce saint du 12e siècle, grand organisateur de l’ordre de Cîteaux. Il aurait eu une vision de la Vierge allaitant, et ce qui est décrit ici serait ensuite déroulé. Symboliquement bien sûr, c’est une image de la douceur, de la parole divine bonne comme le lait, et qui s’écoule des lèvres de saint Bernard, divinement inspiré. Mais bon. Quand même. Ce genre de thème sera déconseillé par l’église à partir de la fin du 16e siècle, car il peut prêter le flanc à des critiques, et notamment à l’époque, de la part des protestants.
Du pont de vue du style, on ne pourra qu’être pris par le charme raffiné de ce petit tableau. Le paysage doucement vallonné au fond, le monastère auprès duquel discutent des moines, le visage fin des personnages, et en particulier les traits très personnalisés de saint-bernard, sont autant de caractère propre à ce style délicat de la fin du gothique.


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