Le grand Christ en croix

Le musée d'art religieux et d'art mosan (maram)

Le grand Christ en croix

A gauche de la Vierge d’Evegnée, nous voyons un beau grand Christ en croix. Approchons-nous.

C’est là à nouveau un beau Christ mosan du 12e siècle. Raide, droit, son corps n’est animé d’aucun signe de souffrance. Son pagne pend en plis bien rangés jusqu’aux genoux. Sa tête est légèrement inclinée, et son visage serein est encadré d’une chevelure tombant en mèches bien rangées. Peu de mouvement anime ce corps. Les côtes sont représentées de manière stylisée et schématique, contrastant avec l’aspect nu et lisse des autres parties du corps. Et comme on le voit, cette sculpture est encore bien dans la tradition des Christ mosans du 11e siècle, royaux et hiératiques, et sans souffrance humaine. C’est là l’image d’un dieu, et non d’un homme crucifié et souffrant. A ce titre, la spiritualité de l’époque romane est bien différente de celle de la fin du Moyen Age, où le fidèle aura besoin d’être ému par l’aspect profondément humain des personnages divins. Ainsi, le fidèle de l’âge roman est enclin à admirer la perfection de Dieu alors qu’à l’âge gothique, on lui donne à voir la souffrance du christ ou de la vierge. Mais nous en sommes encore bien loin ici. Il existe quelques beaux Christs célèbres dans ce style.
Mais continuons encore. A gauche du Christ en croix se trouve encore une belle image de la Sedes sapientiae, datant des environs de 1140. Et à gauche de cette statue, une vitrine présente quelques belles croix orfévrées. Comme nous l’avons déjà évoqué, l’orfèvrerie fut toujours une production de grande qualité, dans les vallées de la Meuse et du Rhin. Du 11ème au 13e siècle, les productions des orfèvres mosans étaient même parmi les plus prisées dans toute l’Europe. Il s’agit en général d’œuvre en laiton, ornées, comme ici, de décors émaillés. Nous y reviendrons dans quelques instants.


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