Le reliquaire de la Vraie Croix

Le musée d'art religieux et d'art mosan (maram)

Le reliquaire de la Vraie Croix

Passons maintenant dans la salle suivante. Dans la vitrine au milieu de la pièce se trouve une des pièces maîtresses du musée : le reliquaire de la Vraie Croix. Il s’agit d’un triptyque, c'est-à-dire d’un reliquaire plat qui se ferme par deux volets. L’œuvre est en bois de chêne, recouvert de cuivre doré, décoré au moyen de différentes techniques : l’émail pour les parties colorées, l’incrustation de pierres précieuses ou semi-précieuses, et surtout, pour les sujets représentés, le repoussé. Le repoussé est la technique qui consiste à faire apparaître un sujet en relief sur une plaque de métal en poussant ave un petit outil sur l’arrière de la plaque jusqu’à obtention du motif voulu. Observez par exemple les deux volets, représentant le buste des 12 apôtres. Voilà un bel exemple de décor au repoussé. Alors, imaginez la difficulté de cette technique lorsqu’il s’agit de réaliser des personnages au relief très accentué, par exemple les deux grands anges qui bordent la pièce centrale de ce triptyque. Le métal a été tellement repoussé, que son épaisseur à cet endroit est devenue infime. Pour protéger le relief, les orfèvres plaçaient à l’intérieur des sujets une résine. En durcissant, elles rendaient ainsi les formes solides.

La tradition veut qu’une relique de la Vraie croix du Christ ait été offerte en 1006 à la collégiale Sainte-Croix de Liège, par l’empereur germanique Henri 2. Lui-même, dit-on, tenait cette relique du roi de France Robert 2 le Pieu. Au 12e siècle, ces quatre fragments de bois ont été enchâssés dans le magnifique reliquaire que vous voyez ici. Ils se trouvent au centre, disposés en croix dans le petit cadre rectangulaire, porté par les deux anges déjà mentionnés, représentant la Vérité et le Jugement. Regardez au dessus du cadre: un décor émaillé représente un autre ange, évoquant la miséricorde. Au dessus de cet ange se trouve enchâssée une pierre transparente, du cristal de roche, de même qu’en dessous du cadre de la croix. Ces deux pierres protègent deux autres reliques : un moreau du crâne de saint Jean-Baptiste, et une dent de saint Vincent. Au sommet de la partie centrale se trouve un fronton de forme semi-circulaire. Nous y voyons le Christ représenté en buste, bras ouverts. Et il est porté par le témoignage des apôtres sur les volets, et aussi par celui des martyrs – dont les reliques sont là-, et enfin par celui du peuple chrétien, représenté aux pieds des anges. Bien sûr, pour les croyants, la récompense est là : c’est la rédemption, évoquée par le Christ triomphant dans le fronton.


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