La salle consacrée à la cathédrale Saint-Lambert

Le musée d'art religieux et d'art mosan (maram)

La salle consacrée à la cathédrale Saint-Lambert

Avec cette tref, nous allons terminer la visite de cet étage. Nous avançons dans la salle, en gardant la tref à notre gauche, et prenons la porte qui se trouve au bout de cette salle à droite. Elle nous amènera vers la porte de l’escalier. Nous repasserons donc dans la cage d’escalier, pour monter dans la dernière petite salle, tout en haut, consacrée à la cathédrale Saint-Lambert.

Au centre de la pièce se trouve une maquette de l’ancienne cathédrale Saint-Lambert, détruite à la Révolution. Elle occupait l’emplacement de l’actuelle place Saint-Lambert, et on peut encore en voir les traces dans l’archéoforum qui occupe le sous-sol de cette place. Rappelons quelques points sur l’histoire de l’évêché de Liège. Au début, l’évêché avait son centre à Maastricht, non loin de Liège, puis à Tongres. Or, un des évêques de Tongres-Maastricht, Lambert, avait une propriété familiale, sur le site de l’actuelle place Saint-Lambert. Il y séjournait souvent, et y fut martyrisé le 17 septembre 705, dans les conditions que voici.

Lambert avait des démêlés avec une femme au tempérament assez explosif : Alpaïde. Il faut savoir qu’à cette époque, avec les rois Mérovingiens, la principale puissance politique de l’Europe se concentrait dans la région de la Meuse. Alpaïde était la maîtresse d’un important personnage, Pépin de Herstal, maire du palais. Le titre de maire du palais signifie en quelque sorte premier ministre, et était le principal personnage après le roi lui-même. Alpaïde est donc la maîtresse de Pépin, et elle lui donnera semble-t-il un enfant, le futur Charles Martel qui sera le fondateur de la dynastie des Carolingiens. Mais Pépin a aussi une femme légitime : Plectrude. Saint Lambert, en tant qu’évêque, ne pouvait accepter cette situation d’adultère. Lors d’un banquet, il refusa -dit-on- de bénir la coupe de vin d’Alpaïde et intima au couple illégitime l’ordre de se séparer. Mais c’était compter sans le tempérament fougueux de cette femme ambitieuse. Elle fit appel à son frère Dodon pour faire taire définitivement l’encombrant évêque. Un matin que Lambert était dans son domaine de Liège, priant dans sa chapelle privée, des hommes de Dodon grimpèrent sur le toit de chaume de l’église, descendirent par un trou qu’ils ménagèrent dans le toit, et assassinèrent l’évêque. Et c’est sur le lieu de cet assassinat qu’un successeur de Lambert à l’évêché, saint Hubert, fera construire au 8e siècle une église commémorative. Plus tard, l’église deviendra la cathédrale Saint-Lambert, et transposera le siège de l’évêché à Liège même.
Mais cela est en partie légendaire. Lambert fut sans doute victime d’une vendetta familiale entre la famille de Dodon et sa famille à lui. C’était une pratique de justice fréquente à cette époque. Si un différent avait lieu, souvent pour des histoires de terre ou de bétail, la famille qui se sentait lésée assassinait la personne la plus importante de la famille opposée. Dans ce cas-là, c’était Lambert. Mais en tout cas, c’est là l’origine du culte de cet évêque, saint car mort en prière. Au Moyen Age, toute une vie légendaire du personnage sera développée.


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