Découverte de Sandro Botticelli

Le musee des offices de florence

Découverte de Sandro Botticelli

Quand vous aurez fini le tour de cette salle, traversez de la même manière la salle suivante.
Puis, rejoignons-nous dans cette très grande salle, la 2ème à partir de celle où vous êtes, où nous allons découvrir Sandro Botticelli.

Vous êtes arrivés dans une très grande salle dont la majeure partie est consacrée aux chefs-d'œuvre de Botticelli. Nous nous concentrerons sur 2 d’entre eux seulement. Dirigez-vous vers le mur de gauche et placez-vous devant La naissance de Vénus, œuvre datée de 1482. 2 mots sur Botticelli : Peintre à la mode durant sa vie, il est pourtant mort en 1510 dans le plus grand dénuement sous une mansarde de la place de la Seigneurie. Cet artiste se rattache à la Florence de la 2ème moitié du 15ème siècle, celle du mécénat de Laurent le Magnifique et de l’époque troublée de Savonarole.

Cette œuvre extrêmement célèbre a été peinte en 1478 pour la villa di castello, une villa des Médicis. Regardons le tableau. En son centre, une des plus délicates figures féminines de la peinture italienne. Il s’agit de Vénus, surgie des flots et portée par une vaste coquille. Regardez maintenant à gauche. Vous voyez le zéphire –la personnification du vent d’ouest dans la mythologie grecque- qui porte une jolie nymphe. Son nom est Chloris chez les Grecs, Flore chez les romains. Zéphyre va l’épouser et lui donner le pouvoir de transformer en fleurs tout ce qu’elle touche. Elle sera la déesse des fleurs. Ceci explique la pluie de roses qui tombe sur vénus. En soufflant, il pousse Vénus vers le rivage. Portez votre attention sur la droite. Admirez cette nymphe qui s’empresse de la couvrir d’un manteau. Sa robe est tissée de fleurs. Regardez la façon dont le peintre représente la mer. Voyez ces petites vaguelettes. On peut se demander si Botticelli avait déjà vu la mer.

Cette œuvre est caractéristique de cette époque où les intellectuels, ces représentants de la culture humaniste, décidaient du thème à représenter et où le peintre n’était alors qu’un simple exécutant. Aujourd’hui, ces thèmes nous apparaissent souvent obscurs. On peut évidemment dire que cette œuvre marque un intérêt pour la mythologie. D’ailleurs, au delà du thème, voyez la façon que Vénus a de se tenir sur un pied seulement, avec le déhanchement qui va avec : c’est typique d’une pose de statue grecque. Mais au-delà de ce constat, on s’est beaucoup interrogé sur la signification de cette œuvre: pour beaucoup, il s’agit de l’affirmation de la Beauté, qui naît de la fusion de l’esprit et de la matière et pour d’autre du symbole de la transmission de la beauté de l’ordre divin au monde des mortels.
Pour l’anecdote, sachez que cette œuvre a aussi déclenché un petit scandale à l’époque. Car on prêtait à Giuliano Médicis, le commanditaire de l’œuvre, une liaison avec l’épouse d’un marchand Florentin. Or cette dame était née à Porto venere : le Port de Vénus. Et l’arrivée de ce tableau ne fit qu’amplifier la rumeur.
Encore un point sur le thème : on y voit un nu mythologique, ce qui est rare pour Botticelli et rare pour l’époque. Le premier retour au nu avait été la statue du David faite par Donatello 50 ans plus tôt en 1430. Mais Botticelli est alors au fait de sa gloire et de plus, le tableau est dans la maison de campagne des Médicis. Et c’est seulement à la longue, petit à petit, sous les coups répétés d’artistes de génie, et sous l’influence des humanistes, que le beau finira par avoir raison de la pudibonderie de l’église. Voilà ce qu’on pouvait dire sur le thème. Parlons maintenant de sa qualité picturale.
Cette œuvre est tout à fait caractéristique du style de Botticelli. Nous avons là le type féminin qui semblait hanter le peintre. Une femme jeune, au corps d’adolescente, élancée, aux seins bas, aux hanches étroites ; regardez cette magnifique chevelure opulente. Il règne dans les œuvres de Botticelli l’élégance, la grâce. Et ici une certaine sensualité. Regardez les figures. Notez leur beauté diaphane et immatérielle. Voyez comme elles sont légères. Regardez leurs pieds. Elles semblent flotter. C’est pour cela que, pour notre part, nous penchons plus pour le thème du beau qui arrive sur terre ? Cette Vénus nous arrive comme un cadeau du ciel. Cela dit, regardez le cou de vénus : il est objectivement anormalement long. Quant à son bras gauche (qui est à notre droite donc), en le regardant en détail, on dirait qu’il nait en haut du cou et qu’il pourrait aller jusqu’aux genoux. Bref, si on fait attention, on voit que de nombreuses libertés ont été prises par rapport au réel. Et c’est assez drôle de voir que Botticelli se situe bien loin des préoccupations de ses contemporains en ce qui concerne les problèmes de volume, de perspective et de lumière. Sa seule préoccupation a été de rendre l’impression de beauté qui se dégage de ce tableau, quitte à faire quelques entorses au réel. C’est une sorte de poésie picturale ; En cela, il est extrêmement novateur.
Pour information encore, sachez qu’à partir des années 1450, 2 courants vont opposer les peintres florentins. D’un côté, ceux qu’on a appelés les dessinateurs, de l’autre, ceux qu’on leur oppose : les coloristes. Botticelli a été classé parmi les premiers. Regardez attentivement les personnages. L’artiste a souligné par un trait ferme le contour de leur corps. Notez comme les traits des visages sont délicats. Notez que les mèches des cheveux sont rendues par le dessin et non par la couleur. Vous pouvez voir cela aussi sur la coquille qui porte Vénus.


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