Le tableau « Le Printemps »

Le musee des offices de florence

Le tableau « Le Printemps »

En allant sur votre droite, rendez-vous maintenant devant ce très grand tableau qu’est le Printemps.

Arrêtez-vous devant Le Printemps, oeuvre qui peut être considérée comme le pendant de Vénus. En effet, elle a été réalisée pour le même commanditaire, la même villa et la même année. Il s’agit d’une œuvre complexe quant à sa signification. Elle fut certainement inspirée des stances du poète le Politien. Cet homme fut un érudit, humaniste, représentant de la philosophie néo-platonicienne qui régnait à Florence à cette époque. Il était aussi l’ami de Laurent le Magnifique et le précepteur de ses enfants

Son interprétation est encore imprécise, car l’œuvre est énigmatique. Regardez le tableau et commençons par la droite qui est le sens de sa lecture. La figure bleue est ce même Zéphire que nous avons rencontré dans le Tableau de la Vénus. Il poursuit peut-être Flore, vêtue d’un délicat voile qui laisse apparaître le contour de son corps. Flore est changée par Zéphire en nymphe du Printemps, qui est représentée par cette magnifique figure féminine parée d’une robe fleurie. Portez votre attention sur elle. Cette robe rappelle celle qui habillait la nymphe de la naissance de vénus rencontrée auparavant. Au centre de l’oeuvre se trouve une figure féminine en retrait. Il s’agit de Vénus. Au dessus de sa tête, un Amour aveuglé darde ses flèches sur le groupe des 3 Grâces qui esquissent une ronde.

Regardez Vénus : voyez comme elle a été mise en valeur, car c’est la seule à avoir la tête entourée par une couronne claire, qui forme comme une auréole. Allusion à la vierge Marie ? c’est possible. D’ailleurs, son geste bénissant vient renforcer cette impression.
Regardez tout à gauche, isolée, la figure masculine de Mercure. Avec son caducée, il dissipe les nuages. Voyez comme tous ces personnages nous semblent divins : ils sont beaux, jeunes, sont lumineux, ce que vient renforcer le contraste avec l’arrière-plan très foncé. Ils semblent aériens : regardez leurs pieds, ils ne s’enfoncent pas dans le gazon. Non ! ils l’effleurent, ils glissent dessus. Ils ont pris place dans une orangeraie et reposent avec légèreté sur une pelouse aux mille fleurs. Et, là encore, nous retrouvons cette même représentation idéalisée de la femme, avec les traits très droits, avec des petits seins et un petit ventre bombé. Là encore, Botticelli ne s’est pas embêté avec des perspectives ni même avec la réalité physique : les personnages sont encore très longilignes. En fait, il a fait passer son message de beauté, et même d’étrangeté de cette beauté venue d’ailleurs –du ciel-, avec ces lignes très fines et très précises et par ce contraste de couleurs.


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