Le sacrifice d’Isaac

Le musee des offices de florence

Le sacrifice d’Isaac

Tournez-vous à présent vers le sacrifice d’Isaac qui est sur le mur de droite quand on entre.

Il s’agit d’une œuvre de maturité, dans laquelle on retrouve ce même intérêt pour la réalité. Mais on notera ici l’apport du luminisme, autre élément révolutionnaire que l’on doit aussi à caravane. Le réalisme et le luminisme donc. Mais revenons au tableau pour illustrer le réalisme tout d’abord.

Alors : Sur un fond sombre se détachent des personnages. Regardez à gauche. Un ange surgit de la lumière. Portez votre attention sur lui. On retrouve dans cet ange éphèbe, la même beauté diaphane que dans la figure de Bacchus. Notez la délicatesse de sa peau nacrée, l’éclat de ses boucles rousses. Portez maintenant votre regard sur la superbe figure d’Abraham. On y dénote un réalisme trivial, une figure bien humaine et non semi-divine comme on nous la représente souvent. Regardez son visage. Voyez les rides du front, l’expression de son regard. Jusqu’à l’intervention de l’ange, Abraham était déterminé à sacrifier son fils pour obéir aux ordres de Dieu. Le peintre a explicitement exprimé cette détermination. Voyez la façon dont il se tient, son regard farouche. Regardez comme de sa main gauche, il maintient fermement la tête de son fils. D’ailleurs, notez comme son pouce est fermement enfoncé dans la joue de son fils. De l’autre main, il tient le couteau. Voyez l’enfant. Il est immobilisé. Ses bras attachés dans le dos, sa tête sur l’autel du sacrifice. Son visage exprime la terreur.
La construction est très savante. Dans un fond sombre qui connote le drame, le peintre a placé une puissante ligne diagonale. Elle se lit par l’enchaînement des gestes. Regardons de nouveau l’ange. Son épaule attire notre regard car elle capte la lumière et présente une zone claire qui émerge de l’ombre. Laissez votre regard descendre le long de son bras. Sa main a saisi le bras d’Abraham. Apparaît alors le couteau qui se détache sur la peau claire d’Isaac. Puis l’autre main et le visage de l’enfant. C’est une diagonale très nette et aussi très naturelle sur laquelle notre regard accroche facilement. Alors que parfois, chez certains artistes, reconnaissons-le, certaines lignes sont construites de façon un peu sommaire et incongrue.

Nous avons vu l’apport de la réalité dans la peinture de Caravage. Maintenant, regardons comment le peintre traite la lumière. Elle émerge brutalement dans les tableaux. Elle frappe de plein fouet, comme un spot, les parties essentielles à la compréhension du sujet traité. Elle met l’accent sur les aspects dramatique et réaliste de l’œuvre. Les générations de peintres qui seront marquées par cette manière de traiter la lumière seront appelées les caravagesques ou i tenebrosi» , les « ténébreux ». Citons Rembrandt, et Georges de la Tour parmi beaucoup d’autres. Après une vie dissolue et tumultueuse, Le Caravage meurt prématurément en 1610, à l’age de 37 ans.


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