Le salon du Poussin

Le palais et la galerie doria pamphilj

Le salon du Poussin

Nous allons maintenant entrer. Une fois dans le hall, un grand escalier de pierre, à droite de la porte, nous mènera au premier étage. Là, face à l’escalier, s’ouvre la grande porte des appartements. C’est là que se trouve la billetterie de la galerie, nous vous y attendons.

Nous sommes dans le premier grand salon, le salon rouge, appelé « salon du poussin. » Ce nom vient du fait qu’ici sont exposés bon nombre de tableaux de l’artiste français Gaspard Dughet. Cet artiste vivait au milieu du 17ème siècle, et était le beau frère du célèbre Nicolas Poussin, chef de file de l’école de peinture française de Rome. C’est pourquoi il reçut à Rome ce surnom de « il pussino. » Le salon du Poussin vient donc du Poussino, et non du célèbre peintre Nicolas Poussin.

Ce n’est pas dans cette salle que nous verrons les chefs-d'œuvre du musée. Toutefois, les goûts d’une époque ne sont pas toujours ceux que l’on pourrait croire aujourd’hui. Toute la salle exprime bien le grand goût pour les tableaux de paysage dans la Rome du 17ème siècle.
A ce titre, Gaspard Dughet, spécialiste du genre, sera un des peintres préférés de la famille Pamhilj jusque vers 1650.

Certains de ces paysages comportent une scène biblique ou religieuse. Une illustration en est donnée sur le mur du fond, celui qui est opposé à la porte d’entrée. Traversons donc la salle en longueur pour nous en approcher.

En haut du mur se trouvent deux grands tableaux. Celui qui porte le numéro b.28 représente un paysage avec saint Eustache. A côté, le numéro b. 29 nous montre un paysage avec le bon samaritain. Ces œuvres, aux couleurs malheureusement abîmées par le temps, sont une collaboration de Gaspard Dughet pour le paysage, et du peintre Guillaume Courtois, spécialisé dans les figures humaines. Ce type de collaboration était assez fréquent à l’époque, ce qui nous montre bien le statut de l’artiste à l’époque. Plus qu’un artiste créateur, il est avant tout un artisan, qui doit faire marcher son atelier, et doit souvent répondre à une demande importante. Son atelier est donc géré comme une entreprise, avec de multiples collaborations soit au sein de l’atelier même, soit avec d’autres ateliers spécialisés, ce qui est le cas ici. Camillo Pamhilj considérait d’ailleurs les artistes comme des artisans attachés à sa maison. Ils étaient modestement rémunérés, et faisaient partie pour lui de la maison Pamhilj, au même titre que n’importe lequel des membres du personnel.

Ces deux œuvres, ainsi que quelques autres avec un sujet semblable, font partie d’une commande de Camillo Pamphilj pour décorer le haut des murs de ce grand salon, comme le montre déjà l’inventaire de 1666. On y trouve l’aspect caractéristique du paysage romain. Regardons bien : notamment comme ce type de paysage est ouvert sur une très large perspective. Voyez aussi cette lumière dorée, souvent placée en contre-jour, afin de mieux créer des contrastes. Des jets de lumière mettent les figures en valeur. On y retrouve aussi l’aspect très mouvant des formes, des feuillages notamment, dans le style qui fut lancé à Rome par l’école des frères Carrache, que nous retrouverons un peu plus loin.


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