La petite salle des velours

Le palais et la galerie doria pamphilj

La petite salle des velours

Mais nous y reviendrons plus tard. En attendant, passons maintenant la porte qui nous mènera dans la petite salle des velours.

Dans cette salle, nous observerons surtout les deux bustes de marbre qui se trouvent contre le mur de droite. Tous deux sont dus au ciseau d’Alessandro Algardi, mieux connu sous le surnom de l’Algarde. Après Le Bernin, l’Algarde est le plus important sculpteur de la Rome du milieu du 17e siècle. L’Algarde était aussi architecte. A ce titre, il réalisera par exemple la façade de l’église Sant’Igniazio, la chapelle du fameux collège romain des jésuites, voisin du palais Doria Pamhilij. Ses œuvres les plus importantes datent du règne du pape Innocent 10 Pamhilj. En effet, à cette époque, Le Bernin était momentanément tombé en disgrâce, trop lié qu’il était au règne du pape précédant, Urbain 8 Barberini. Aussi, c’est Alessando Algardi qui fit momentanément figure de principal sculpteur de Rome.

Observons ces deux bustes. Celui de gauche représente le pape Innocent 10. Le regard du pape tombe vers le bas, marqué par les soucis et les années, et reflète bien son caractère inflexible. Il y a ici un grand souci du détail dans les traits du visage. C’est une œuvre très naturaliste, et relativement sobre. En effet, il n’ y a pas de recherche d’effets théâtraux, d’accentuation de détails curieux, comme Le Bernin, en vrai baroque, aimait à le faire pour donner du dynamise à ses œuvres. Ici, tout est relativement classique. L’Algarde venait de Bologne. Il avait reçu une éducation marquée par le goût classique de sa région. Du coup, son style s’oppose d’une certaine manière à celui du Bernin, plus novateur. Retenons bien l’image de ce buste car nous pourrons la comparer un peu plus tard avec un buste du même Innocent 10, mais réalisé par le Bernin.

Passons au buste de droite. Il représente Benedetto Pamhilj, un frère du pape Innocent 10. Ici aussi beaucoup de classicisme. Le visage est même d’une telle pureté qu’il semble idéalisé. Il ne rend aucun petit défaut qui fait la personnalité et l’expression d’un visage. Cette idéalisation qui rend l’œuvre un peu fade est probablement due au fait que l’Algarde n’a jamais rencontré le modèle, déjà mort lorsque le buste a été réalisé. Il a plutôt travaillé à partir de portraits. Par contre, le sculpteur donne toute sa mesure dans le magnifique travail de la fraise, ce col de dentelle du personnage. Ainsi, comme on le voit, l’Algarde possède une maîtrise de premier rang, mais c’est son style même, traditionnel dirons nous, qui le fait comprimer son talent technique.


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