Les tours « païennes »

Le quartier de la cathedrale de vienne

Les tours « païennes »

Laissez maintenant glisser votre regard vers le haut de cette façade. Voyez ces deux tours octogonales : une à droite et l’autre à gauche. On les appelle ici les tours « païennes » « Heidentürme » car selon certains un sanctuaire païen se trouvait autrefois à leur emplacement.
Alors regardons-les : ces tours sont très rapprochés l’une de l’autre nous semble-t-il et elles enserrent plus qu’elles n’encadrent la façade. Depuis le sol, elles se hissent progressivement vers le ciel grâce à quatre étages tous percés de 8 fenêtres, tous soulignés par une guirlande moulurée. Un vocabulaire tout à fait roman. Les deux tours sont couronnées par un toit de pierre très pointu hérissé de petites pointes de pierre. Maintenant, comparez ces deux tours avec la flèche de la cathédrale. Elle se trouve au fond à droite de la cathédrale, et elle domine Vienne depuis plus de 500 ans. Si vous ne la distinguez pas, c’est qu’elle se cache derrière la tour de droite, décalez-vous alors de quelques mètres sur votre droite.

Vous voyez à la fois la flèche de la cathédrale et les tours romanes de la façade. Alors êtes-vous d’accord avec nous pour dire qu’il y a tout un monde qui les sépare ? Celui qui va du roman à la fin du gothique. Maintenant, nous allons parler du gothique, du roman et de leurs différences. Et c’est vrai que le contraste est flagrant ! Regardez les deux tours jumelles : elles sont solidement ancrées dans la façade, pas de doute elles ne sont pas prêtes de s’envoler. Leur aspect massif, comme celui de la façade en général appartient au style roman. Par contre, regardez la flèche :elle est pour sa part comme aspirée par le ciel, et donc vers Dieu, et notre regard avec. Cette verticalité jaillissante : c’est très gothique. Cela dit, il y a d’autres différences, qui portent notamment sur les décors. Regardez nos deux tours : elles sont bien structurées et les décorations sont clairement posées. Mais avec le gothique c’est très différent ! Regardez à nouveau la flèche gothique : ne trouvez-vous pas qu’elle est comme recouverte d’un manteau de pierre où se bousculent les différents éléments comme les fenêtres, les pinacles, les petits frontons, les nervures de pierre à vous donnez le vertige ! Et bien entendu rien dans tout cela n’est laissé au hasard. Car tout est raisonné, calculé et car l’art gothique se met au service du divin en cultivant la complexité, le sensationnel, la rareté comme si le Beau était la voie consacrée pour rendre hommage à Dieu tout en se rapprochant de Lui.


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