Les Habsbourg

Le quartier de la cathedrale de vienne

Les Habsbourg

Nous allons passer de l’autre côté où se trouve justement l’un des chefs-d’œuvre de l’art funéraire de cette époque, le tombeau de Frédéric 3. Pour y aller, traversez l’église dans sa largeur et gagnez le collatéral droit.

Puis, quand vous y êtes, tournez vous vers le cœur et avancez en longeant le mur le plus loin possible et le plus près possible du tombeau que vous verrez apparaître au fond. Il y a parfois une sorte de barrière qui en bloque l’accès.

Vous voyez maintenant le tombeau de Frédéric 3. Comme vous pouvez le voir il est très impressionnant, car isolé sur un promontoire au centre de la Chapelle, appelée la chapelle des Apôtres. Nous allons en préambule vous donner quelques éléments historiques sur les Habsbourg.

Frédéric 3 était empereur du Saint-Empire Romain Germanique. Souvenons-nous que l’empereur du Saint-Empire Romain Germanique est le vicaire c'est-à-dire l’assistant de Dieu sur terre. Son statut le place sans ambiguïté au-dessus des rois et des princes de l’Occident. Par exemple, dans les églises de toute l’Europe occidentale, une prière était toujours réservée à l’Empereur du Saint-Empire Germanique durant les offices. Une telle autorité était à double tranchant car un Empereur trop puissant pouvait empiéter sur le pouvoir des princes temporels mais aussi mettre en difficulté l’autorité du pape. La querelle entre Frédéric 2 de Hohenstaufen et la papauté au milieu du 13e siècle avait été une épreuve sérieuse pour la Chrétienté. Elle était encore dans toutes les têtes. Par conséquent, la principale préoccupation des électeurs qui étaient en charge de désigner l’Empereur fut dès lors de choisir des empereurs faibles. C’est ainsi que les Habsbourgs commencèrent leur ascension. D’abord en 1273 avec Rodolphe 1er de Habsbourg qui fut élu aux dépens du roi de Bohême Ottokar 2 dont la puissance inquiétait. Au milieu du 15e siècle, arrive à nouveau un Habsbourg. Ce sera Frédéric 3, couronné à Rome en 1440. Ce prince présenté souvent comme faible, voire mou, ne va pas moins réussir en 1473 un coup de maître qui raisonnera comme un coup de tonnerre en Europe : l’alliance matrimoniale entre son fils Maximilien et la jeune princesse Marie de Bourgogne. A l’époque, la Bourgogne était un royaume riche et puissant : rendez vous compte. Il comprenait à la fois les Pays-bas, la Belgique actuelle, l’actuelle France de l’est et la Bourgogne bien sûr. Mais le royaume de Bourgogne dirigé par Charles le téméraire ne s’entendait pas du tout avec la France de Louis 11 qui lorgnait sur ces territoires en grande partie francophones. Alors évidemment, le rapprochement entre la Bourgogne et l’Autriche fut très mal perçu par les Français et il fallut attendre jusqu’au milieu du 18e siècle pour que les relations entre la France et l’Autriche s’améliorent. Et ce fut le mariage de Louis 16 et de Marie-Antoinette. Pauvre Marie Antoinette : il eut mieux valu pour elle que la France et l’Autriche restent brouillées quelques années de plus ! Mais revenons au 15ème siècle, l’inclusion du royaume bourguignon dans les possessions des Habsbourg eut aussi pour conséquence de déplacer le centre de gravité des Habsbourgs en Europe occidentale où désormais ils joueront un rôle prépondérant.


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