L’Académie des sciences

Le quartier de la cathedrale de vienne

L’Académie des sciences

Vous êtes maintenant sur la place de l’Université. Laissez derrière vous la Bäckerstrasse et placez-vous au centre de la place.

Nous voici au centre de la place de l’Université. Notez qu’aujourd’hui la place porte le nom du Docteur Ignaz Seipel, un éminent politicien du 20e siècle.
Et maintenant, regardez au fond de la place : vous voyez l’élégante église des Jésuites. On la reconnaît à ses deux beaux clochers. Regardez à sa gauche : l’église est bordée par une seconde façade, baroque : c’est l’Académie des sciences. Allons la voir de plus près. Avancez-vous afin de lui faire face.

Pour le moment regardons cette façade. On est loin du style gothique « flamboyant » de la fin du 14e siècle. Ici, on nage dans le baroque. Elle fut élevée au 18e, plus exactement en 1753 après que l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche ait décidé de démolir totalement l’ancien bâtiment qui accueillait l’Université pour y construire à sa place l’Académie des Sciences. Le style retenu fut le style baroque. Mais c’est un baroque assez peu théâtral qui annonce déjà le classicisme. Les styles architecturaux suivent souvent des effets de balanciers : la renaissance est faite de rigueur et de lignes droites. En réaction viendra un style qui utilise les courbes et le théâtral : ce sera le baroque dont la dernière phase sera le rococo, qui recouvrira les édifices de décorations en tous sens. Puis viendra un retour à des lignes plus sobres à nouveau et ce sera le néoclassicisme. D’ailleurs, cela reflète un changement profond dans la société. En cette 2ème moitié du 18ème, le siècle des Lumières, les monarques se veulent des despotes éclairés, des réformateurs. Ils sont ou semblent plus préoccupés par la vie de leurs sujets que ne le furent leurs aînés. Les temps changent : Marie-Thérèse et surtout son fils Josef 2 en témoignent. Et cet édifice montre que cet esprit nouveau a des répercussions en architecture. Son architecte s’appelle Jean Nicolas Jadot et il fut donc un de ceux qui amena la transition du baroque vers le Néo-classicisme. Mais regardons maintenant la façade de l’Académie.
La première réflexion que l’on peut se faire en regardant cette façade est de savoir si le terme de « baroque «  est le plus approprié pour la qualifier ! Comme toujours, on est embêté devant l’utilisation d’expressions généralisatrices. Mais essayons quand même. Alors : une des caractéristiques du baroque est la théâtralité. Et de ce point de vue la, on peut dire, nous semble-t-il- que la façade est incontestablement baroque. Car l’architecte a su tirer profit d’une petite place enfermée derrière de hauts murs pour mettre en valeur sa façade. Et c’est vrai que la façade est omniprésente : on se croirait dans un théâtre, avec la place pour amphithéâtre et l’Académie comme mur de scène. Maintenant en ce qui concerne l’architecture a proprement parlé, qu’en est-il ? Et bien, force est de constater que les modèles de Jadot se trouvent plutôt du côté de Paris et de Versailles, c’est-à-dire du côté du classicisme, dernière marche avant le néo-classicisme. Regardez la façade : elle se compose d’une colonnade centrale délimitée par deux pavillons d’angles rythmés chacun par des pilastres. C’est la partie noble. Le niveau supérieur est percé de fenêtres carrées et est couronné par un fronton très sobre. Quant au soubassement, regardez-le,
il est fortement marqué au moyen d’une sorte de bossage plutôt heureux. Le bossage, ce sont ces pierres pas complètement lisses. Mais si vous regardez maintenant mieux cette façade, vous constaterez qu’elle est régulière : elle ne s’anime pas contrairement au baroque autrichien du 18e siècle. Où le baroque nous transporte par l’émotion, Jadot lui manifeste un souci d’ordre et de clarté, une sorte de rappel à l’ordre. Bref, on est au milieu du gué, entre baroque et néo-classicisme.


<< 16 - Le quartier de l’Uni...         18 - L’église des jésuite... >>

Sommaire complet du dossier :