La coupole de l’Eglise

Le quartier de la cathedrale de vienne

La coupole de l’Eglise

Et maintenant, avancez de quelques pas afin de vous placer sous la coupole en trompe l’oeil. C’est très impressionnant et cela nous donne l’occasion de parler d’Andrea Pozzo qui réalisa cette coupole. Alors Qui est-il ? Oh ce n’est pas un nouveau venu. C’est un jésuite. Sa réputation, il l’a établie définitivement quelques années plus tôt en décorant l’église du Gesù à Rome. Cette église est l’église principale des Jésuites. Et c’est là que Pozzo utilisa le décor en trompe-l’œil avec le plus d’éclat. Il en donnera les recettes dans un traité d’architecture que l’on va s’arracher dans toute l’Europe. Désormais et à juste titre, il sera considéré comme le maître du trompe-l'œil. Mais revenons à cette église. Donc, en 1704, Pozzo est chargé d’en remanier totalement le décor intérieur. La tâche n’était pas aisée, voyons comment Pozzo s’en est sorti. Tout d’abord, il rasera un arc et libérera ainsi de l’espace pour créer ce qui sera une des plus grandes coupoles en trompe l’œil. Et maintenant, regardez la encore. Comme d’habitude, à chaque fois qu’on la regarde : comme on la croit vraie, on a du mal à admettre que rien ne la supporte. Mais regardez le sujet maintenant : c’est une sorte d’exposé unissant l’Eglise terrestre à l’Eglise céleste. Regardez tout en haut, au centre de la coupole : vous voyez Dieu le Père installé au milieu des nuages. Regardez maintenant plus bas à la base de la coupole: une femme l’implore tout en tenant une croix dans sa main droite : elle représente l’Eglise catholique. Enfin, voyez les quatre pendentifs censés reposer sur la corniche : vous les voyez ? Pozzo a peint les quatre Pères de l’Eglise d’Occident : Ambroise, Jérôme, Grégoire, Augustin. On les appelle les « Pères » de l’Eglise moins pour leur âge et leur barbe que pour leur action au début du christianisme. Ils sont « Pères » car ils ont participé aux grandes controverses qui ont agité l’Eglise au cinquième siècle et dont ils sont sortis vainqueurs. Ils sont toujours quatre. Depuis leur autorité est décisive en matière de doctrine, peu à peu ils sont devenus les garants de l’Eglise d’Occident c’est-à-dire Romaine pendant que quatre autres Pères sont eux attachés à l’Eglise d’Orient. Sans doute, tous ces aspects comptent-ils dans leur présence chez les Jésuites toujours heureux de se trouver d’illustres précurseurs. Pour ceux que cela intéressent, nous allons parler de ces 4 personnages.
Vous êtes toujours face au chœur et le portail de l’église est dans votre dos. Alors regardons à nouveau les pendentifs de cette coupole pour identifier les Pères de l’Eglise en suivant le sens des aiguilles d’une montre. Vous êtes prêts ? Alors allons-y. On trouve d’abord dans le pendentif gauche regardant vers le chœur l’évêque saint Ambroise accompagné de deux angelots : il est coiffé de sa mitre d’évêque, il est connu pour avoir introduit le chant dans la liturgie romaine. Le pendentif suivant, à droite du précédent, représente saint Grégoire-le-grand. Nommé pape en 590, il fut l’évangélisateur des peuples barbares en Europe et le promoteur de l’ordre bénédictin. Ensuite, vers la porte arrive saint Jérôme avec son chapeau de cardinal. Il vécut au 4e siècle, sa connaissance de l’hébreu et du grec lui permirent de traduire la Bible en latin. Il est considéré comme un modèle d’érudition, ce qui le rendit encore plus populaire durant la Renaissance. Et enfin le dernier, mais pas le moindre : c’est saint Augustin, évêque de l’ancienne Hippone en Algérie. Saint Augustin a vécu au 5e siècle mais a dominé toute la pensée chrétienne jusqu’au 17e siècle. Il a donné naissance à une doctrine « l’augustinisme » dont on retiendra le souci permanent et toujours actuel de concilier la foi et la raison. Il est représenté ici tenant un cœur ardent dans une main, symbole de la foi.


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