La statue Max-Joseph

Le quartier de la residence princiere

La statue Max-Joseph

Nous sommes au centre de la place Max-Joseph. Mais qui est ce personnage ? Et bien la réponse est donnée par la statue au pied de laquelle nous nous trouvons.

Nous sommes devant le premier roi de Bavière. Il s’agit de Maximilien Joseph premier qui régna de 1799 à 1825. Pour être exact, ce n’est qu’à partir de 1806 que Maximilien porta le titre de roi. Auparavant, il était Prince électeur de Bavière. C'est-à-dire qu’il gouvernait le duché de Bavière et pouvait voter lors de l’élection de l’Empereur du Saint-Empire Romain Germanique. Ce qui était déjà une position très importante. Mais c’est grâce à son alliance avec Napoléon que Maximilien parvint à transformer la Bavière en royaume. Il tira parti des réformes lancées par celui-ci : dès 1803, Maximilien Joseph rattacha à la Bavière un grand nombre de territoires appartenant à l’Église. Nous pouvons presque dire la moitié de l’ancienne Bavière. De même, il supprima la plupart des monastères dont les biens furent acquis par la couronne. Mais surtout, il eut l’habileté de soutenir Napoléon dans ses guerres, et obtint en récompense le titre de roi. Nous allons voir pendant cette visite que pour prouver son amitié à Napoléon, il accepta même de marier sa propre fille au beau-fils de l’empereur des Français : le prince Eugène de Beauharnais.
Regardons un instant cette imposante œuvre de bronze réalisée par l’un des principaux sculpteurs allemands du 19e siècle : Christian Rauch.
Il réalisa au cours de sa vie quelque 50 statues, 150 bustes et 90 reliefs à travers l’Allemagne. Ses portraits étaient très célèbres pour leur réalisme et leur sensibilité. Il savait à la perfection suggérer les traits de caractère de ses modèles. Nous avons ici un bel exemple de son art. Contemplons donc cette œuvre. Le roi est assis sur un trône avec un large manteau accroché sur une épaule à la manière d’une toge. Une main levée en signe de paix et l’autre tenant son sceptre royal sur les genoux. Bref, ce n’est plus le roi guerrier. C’est déjà celui qui règle les conflits entre pays. Bref, un empereur. Et c’est bien la posture d’un empereur romain qui est affichée par la statue.
Cette œuvre appartient au style dit néo-classique dont la caractéristique principale est de s’inspirer des modèles de l’antiquité gréco-romaine. Le néo-classicisme se définit par une certaine rigueur, une simplicité des formes et une intensification de la solennité. Observez comme le souverain se tient majestueusement, un peu comme un Jules César des temps modernes. Cela dit, regardez son visage : il est plein de bonté comme le prouve le léger sourire au coin des lèvres. Le visage est un peu rond avec de belles côtelettes sur les côtés comme les hommes en portaient dans le premier quart du 19e siècle. Le costume n’est pas idéalisé comme cela se faisait couramment à l’époque baroque. Au contraire, il s’agit bien d’un habit contemporain qui nous trompe un peu au premier coup d'œil, car le grand manteau de cour est drapé sur l’épaule, comme nous l’avons dit, à la manière d’une toge romaine. En fait, le roi porte un uniforme accompagné d’une redingote dont nous voyons le col dépasser très visiblement au niveau de l’épaule droite. Vous remarquez sans doute également le bord de la botte pointue dépassant un peu du socle.
Cette statue qui honore le premier roi de Bavière est placée à un endroit particulièrement bien choisi. En effet, si vous regardez le long bâtiment qui ferme la place à gauche, il s’agit du palais royal, la résidence des Wittelsbach depuis le 14e siècle la dynastie à laquelle appartient Maximilien.


<< 2 - Le quartier de la ré...         4 - L’opéra national de ... >>

Sommaire complet du dossier :