La statue de Marie

Le quartier de la residence princiere

La statue de Marie

Retournons maintenant dans la Residenz Strasse en empruntant le chemin que nous avons suivi pour venir dans la cour. Nous vous retrouvons dans la rue devant le porche du palais.

Vous poursuivez votre chemin en longeant la résidence sur votre droite. Vous vous arrêterez devant la pharmacie baptisée Hofapotheke au Numéro 1 de la Residenz Strasse. Vous ne pouvez pas la manquer, elle est reconnaissable à l’enseigne portant un A rouge.

La pharmacie ne nous intéresse pas vraiment, mais traversez la rue pour allez sur le trottoir d’en face et levez les yeux sur la façade de la résidence.

Nous voyons une imposante statue de bronze dressée dans une niche de marbre accolée à la façade. Un étonnant emplacement pour ce monument qui semble quelque peu isolé et brise la régularité de la façade. En fait, elle marque le milieu du plus long côté de la résidence princière donnant sur la Residenzstrasse.
Il s’agit de la Vierge Marie tenant l’enfant Jésus et représentée en tant que Reine des Cieux. Elle porte une haute couronne royale, un sceptre dans la main gauche, son manteau est bordé de broderies et elle pose un pied sur le croissant de lune. Cette attitude fait allusion à plusieurs symboliques. Tout d’abord la virginité de la vierge comparée à la pureté lumineuse de la lune. Dès l’antiquité, la lune était liée à la chasteté. Ainsi la déesse Diane, connue pour cette qualité était presque toujours montrée avec un croissant de lune sur la tête. Admirez la qualité du travail de cette œuvre. Observez les plis du manteau : ils sont réalisés avec beaucoup de souplesse et de légèreté. Ils sont presque naturalistes. En particulier au niveau de la manche tombant sous la main portant le sceptre.
Regardez également la pose de l’enfant Jésus. Il s’agit presque d’un pas de danse. Le corps tourné de ¾, la tête vers l’arrière, une jambe vers l’avant. Il tient d’une manière nonchalante le globe royal au bout du bras. Nous avons à nouveau une œuvre maniériste qui se caractérise par le souci du détail et les poses complexes et dansantes. La vierge présente un fort déhanché en forme de S caractéristique du maniérisme. Cette statue fut exécutée en 1615 par le sculpteur Hans Krumper. Le commanditaire de la statue de la Vierge n’est autre que Maximilien Ier. Le prince avait une profonde vénération pour Marie sous la protection de laquelle il plaça la Bavière. Nous avons une preuve de cela exactement au pied de Marie. Nous voyons une plaque de bronze ornée d’une tête d’ange et portant l’inscription : Patrona Boiariae. Ce qui signifie patronne de la Bavière.
Cette vénération n’est naturellement pas un fait du hasard, mais en quelque sorte politique. Le début du 17e siècle est profondément marqué par la lutte opposant les princes catholiques aux protestants en Allemagne. Or vous savez que les protestants remettaient en cause la virginité de Marie et son importance dans la hiérarchie des saints. La dévotion à Marie s’en trouva renforcée chez les catholiques. Arborer une médaille de la Vierge autour du cou était devenu un signe de ralliement du « parti » catholique. Maximilien fut l’un des grands chefs catholiques, et donc, la Vierge était sa protectrice.


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