Le palais Preysing

Le quartier de la residence princiere

Le palais Preysing

Allez maintenant jusqu’au second portail du palais gardé par deux lions. Pour cela, traversez à nouveau la rue pour regagner le trottoir qui longe la résidence et avancez vers la gauche. .

Cette porte est identique à la première que nous avons rencontrée un peu plus bas dans la rue. Mais regardez attentivement les lions et regardez entre leurs pattes : vous remarquez une boule qui brille. Voyez-vous comme elle est dorée contrairement au reste de la sculpture qui est de couleur vert bronze. Vous l’avez deviné, les Munichois caressent cette boule qui fut lustrée par tant de mains. N’hésitez pas à faire un vœu en touchant vous aussi la boule. C’est la version munichoise de la fontaine de Trevi à Rome. Vous savez cette belle fontaine dans laquelle les touristes jettent une pièce par-dessus leur épaule !
Maintenant tournez-vous pour regarder le magnifique immeuble à la façade très décorée de sculptures baroques. Il s’agit du numéro 27 de la Residenz Strasse. De hauts pilastres s’élèvent sur toute la hauteur de la façade et il est dominé par un fronton triangulaire. Il s’agit du seul palais baroque existant encore dans le centre de Munich. Il fut édifié entre 1723 et 1728 pour le maître des chasses princières, le comte de Preysing d’où le nom actuel de l’immeuble, le Palais Preysing.
Etudions un instant sa façade qui crée un contraste étonnant face à la résidence de style Renaissance et un peu sévère. Ici nous voyons l’explosion inventive du début du rococo avec son amour des ornements décoratifs. Détaillons ensemble cette architecture en levant lentement les yeux du rez-de-chaussée jusqu’au fronton.
Au rez-de-chaussée sur la rue, nous voyons trois hautes arcades qui dégagent un passage couvert sous le bâtiment. Vous le voyez ? Et bien, il faut se représenter qu’au 18e siècle, ce passage permettait de déposer les personnalités à l’abri en cas de pluie. Ensuite, nous voyons un premier étage percé de grandes fenêtres surmontées d’importants ornements sculptés peints en rouge-violet. Regardez, ils sont très martiaux : des casques antiques posées sur des carquois et des lances enlacées de guirlandes de feuilles. Ce type d’ornement peut être lié à la fonction militaire du propriétaire des lieux ou tout simplement être un phénomène de mode. Le 18e siècle a justement multiplié à volonté les casques et armures décoratives.
Nous remarquons également que la partie centrale du bâtiment correspondant aux trois arcades est accentuée par la présence de colonnes supportant un balcon. Cette accentuation de la partie médiane d’un bâtiment est encore traditionnelle de l’époque baroque. Souvenez-vous à ce propos de la façade de Cuvilliés dans la première cour de la résidence. Les trois fenêtres centrales du premier étage donnent directement accès au balcon. Nous pouvons supposer qu’elles cachent derrière elles la principale salle des fêtes. Si vous regardez maintenant le second étage, nous voyons que les sculptures au dessus des fenêtres se sont réduites. Quand au troisième étage non seulement les fenêtres sont beaucoup plus petites, mais le décor sculpté a disparu. Nous pourrions en regardant cet immeuble de l’extérieur en déduire la structure intérieure. Au premier étage, les appartements d’apparat, au second les pièces plus intimes et privées réservées à la famille et au troisième des pièces de service ou des appartements pour les personnes de compagnie. Les jours de semaine, il est parfois possible de voir le grand escalier d’apparat qui conduit à l’étage noble. Le palais est aujourd’hui occupé par les bureaux de diverses sociétés dont la maison de vente Sotheby’s. Il vaut également le coup d’œil pour sa somptuosité. Vous pouvez tenter votre chance. Pour ce faire, passez sous la grande arcade centrale. Une fois dans le passage, vous vous dirigez vers la porte vitrée à droite. Nous vous retrouvons ensuite devant le palais dans la Residenz Strasse.


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