L’église des Théatins

Le quartier de la residence princiere

L’église des Théatins

Tournons nous maintenant vers la droite, vers l’imposante façade de l’église des théatins.

Même si le hall des généraux est le point central de la place, pour autant, nous pouvons dire que c’est l’imposante façade de l’église des Théatins qui domine réellement le quartier. Tout d’abord, voyez sa couleur extérieure : ce jaune est vraiment très inhabituel. Levez les yeux un instant vers les deux tours. Une étrange construction n’est ce pas! Les tours carrées s’élèvent régulièrement au-dessus de la façade, puis soudain elles s’achèvent par une sorte de haut belvédère circulaire couronné d’un dôme de cuivre. Regardez encore le belvédère : il est entouré ou maintenu par de grandes volutes de pierre qui, disons le, ressemblent un peu à des escargots gigantesques. Tout n’est que mouvement et sinuosité. Nous atteignons ici le paroxysme du baroque. Le fort contraste entre la couleur sombre des volutes et de la coupole d’un coté et le fond de couleur jaune pâle de l’autre accentue encore l’effet de surprise.
A l’exception de ces étranges constructions, l’église possède une façade baroque très italienne. Ici ce n’est pas le mouvement qui domine comme souvent dans le baroque, mais le monumental. La structure est encore classique: il n’y a pas ces ondulations dans les façades que nous pouvons voir dans les églises baroques romaines. Il y a cependant des décorations typiquement baroques. Regardez vers le toit: on voit de nombreux vases de pierre, tous identiques, posés sur le bord. Il s’agit d’une ornementation énormément utilisée dans toute l’Europe depuis le début du 17e siècle. Regardez l’un de ces vases. Il est très irrégulier et une immense flamme s’élève de son col, un peu comme une colonne de fumée. Ces vases enflammés de l’époque baroque s’appellent des pots à feu. Sur les façades d’églises, ils font référence au feu de Dieu et à la puissance divine. Nous allons maintenant tenter de décrypter les messages que cette église voulait envoyer aux fidèles. Pour ce faire, il faut bien sûr faire attention aux statues, mais aussi à l’évolution des décorations au fur et à mesure que nous élevons le regard en hauteur. Pourquoi cela ? et bien tout simplement parce que « Dieu est au ciel » et que plus on regarde vers le ciel, plus on regarde vers Dieu.
Maintenant, regardons ces décorations et commençons par regarder les chapiteaux des pilastres qui ornent les deux niveaux. Les pilastres, ce sont ces espèces de colonnes aux ¾ enfoncées dans le bâtiment et qui affleurent plus qu’elles ne soutiennent. Ce sont donc des éléments décoratifs, qui font un vague écho aux robustes colonnes grecques et romaines, leurs ancêtres. Et donc, regardez maintenant les chapiteaux, c'est-à-dire le haut de ces pilastres sur chacun des 2 niveaux. On remarque que les décorations des chapiteaux sont différentes. Plus on monte, plus la décoration est élaborée. Voyez un chapiteau du premier niveau : le chapiteau n’a pas de décoration : c’est le style dorique. Regardez ensuite au deuxième niveau, il y a une décoration plus élaborée, une grande feuille d’acanthe enroulée, c’est le style ionique. Et bien sûr, le message, là encore, est clair : plus on va vers Dieu, plus on s’approche du beau et de la félicité.


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