La coupole de l’église des Théatins

Le quartier de la residence princiere

La coupole de l’église des Théatins

Tout à l’heure, nous avons parlé de voie triomphale conduisant à l’autel depuis le portail.
Et bien, levez les yeux vers les arcades, à droite comme à gauche, qui donnent accès depuis la nef aux chapelles latérales. Au dessus de chaque arcade repose un angelot gigantesque. Ces anges nous montrent le chemin. Ils ont tous un bras pointé en direction de l’autel. Certains ont même un doigt sur la bouche en signe de silence contemplatif. N’est ce pas une géniale invention des décorateurs ? Car encore une fois, il faut toujours essayer de se remettre dans le contexte de l’époque pour imaginer l’impact que cela devait avoir sur les fidèles. Et à l’époque, ce spectacle devait être très marquant. Mais lorsque les gens suivaient cette voie triomphale indiquée par les anges et gardés par ces immenses piliers, ils arrivaient près de la coupole et y recevaient l’hostie. Alors, concentrons-nous maintenant sur la coupole et sur le majestueux maître autel. Levez la tête vers la coupole qui domine à une hauteur vertigineuse, hauteur qui est encore accentuée par la présence de Dieu le père peint au centre, Dieu qui semble planer au dessus de nous. Regardez l’originalité géométrique de cette coupole admirablement décorée. En effet, elle est formée d’une tour circulaire de deux niveaux puis de la coupole proprement dite. Cette structure se nomme en architecture un tambour. Nous y retrouvons les mêmes éléments décoratifs que dans le reste de l’église : hauts pilastres, fleurettes en stuc et statues. Comme la nef, la coupole possède une structure très régulière. Nous trouvons d’abord à sa naissance une rangée de niches abritant de grandes statues séparées régulièrement par des panneaux ornementaux. Puis un niveau de grandes fenêtres séparées par de hauts pilastres et enfin la coupole proprement dite à nouveau percée de lucarnes.
Si vous comptez les statues placées dans les niches, vous obtiendrez le nombre de huit. Est-ce un hasard ? Non, il s’agit des 8 jours de la semaine selon la théorie dite du Aeon. Le aeon est un mot grec qui apparaît plusieurs fois dans la Bible pour signifier une période temporelle dont la base est une semaine de 8 jours. Les fenêtres sont exactement du même nombre. Ce qui n’est pas une surprise puisqu’elles sont percées exactement au-dessus des statues pour conserver la symétrie jusqu’au sommet de la coupole. Mais à propos : que représentent ces grandes statues vêtues à l’antique de grandes robes ? Est-ce que ce sont des anges ? Non, car nous ne voyons pas dépasser d’ailes dans leur dos. Il s’agit des figures symboliques des 8 béatitudes. Un thème peu connu avouons-le. Ces Béatitudes font référence à un sermon de Jésus Christ à ses fidèles qui promettait le royaume de Dieu à ceux qui souffraient. Chaque phrase du sermon commence par « Heureux les » : suivent les noms de ceux que représentent les Béatitudes, à savoir : les pauvres de cœur, les doux, ceux qui pleurent, ceux qui ont faim et soif de Justice, les miséricordieux, les cœurs purs, ceux qui oeuvrent pour la paix et ceux qui sont persécutés pour la justice.


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