Le grand tableau peint de l’autel

Le quartier de la residence princiere

Le grand tableau peint de l’autel

Admirons le grand tableau peint. Il remplace un tableau détruit pendant la guerre et qui montrait la fondation de l’église des Théatins par le couple princier. Car nous ne vous avons pas encore annoncé la triste nouvelle, mais le cœur de l’église comme la voûte fut reconstituée après la 2d guerre mondiale, suite à un bombardement aérien qui détruisit le centre historique de Munich. Le tableau original ayant été détruit par les flammes, l’administration de l’ancienne pinacothèque accepta de mettre une de ses oeuvres en dépôt. Elle est due au peintre flamand Caspar de Crayer né à Anvers en 1584. Son style pictural est très influencé par le baroque grandiloquant de Peter Paul Rubens. Nous pourrions presque confondre les peintures des 2 artistes.
Alors, nous allons décrypter ce tableau qui est un bel exemple de cette influence de Rubens. 1re caractéristique évidente : il est monumental. Non seulement la taille est gigantesque, mais regardez les personnages. Vous voyez qu’ils se développent aussi avec majesté et ampleur. Ensuite, regardez leur disposition à ces personnages : comme chez Rubens, un grand nombre de figures sont disposées de manière presque pyramidale jusqu’au trône de la Vierge. Elles reposent sur les marches d’une énorme construction de pierre servant de socle à Marie. Crayer -comme Rubens- aimait particulièrement ces imposants détails architecturaux qui donnaient encore plus d’ampleur à sa mise en scène. Et enfin, une autre caractéristique de cette peinture baroque est naturellement la richesse des couleurs posées en grands aplats. C’est à dire en grandes surfaces formant des touches précises attirant le regard de l’observateur. Voyez par exemple le bleu violent de la jupe de Marie qui nous attire vers elle ou le rouge du drapé du personnage barbu situé sur la gauche. Ce personnage, presque totalement nu, nous montre également l’attention particulière accordée par le peintre au rendu des corps. Nous sommes surpris par la puissance musculaire de cet homme qui se dresse fièrement.

Et maintenant, passons au thème représenté qui est traditionnel de la peinture occidentale. Regardez la vierge assise sur son trône et tenant l’enfant Jésus. A ses pieds, une femme richement vêtue présente un enfant. La femme en question est sainte Elisabeth, la cousine de Marie qui amène son propre fils Saint-Jean Baptiste. Ensuite nous avons une foule de saints plus divers les uns que les autres. Regardez sur la partie droite du tableau. On y voit un saint qui est mis en avant : il est plus grand que les autres et surtout il a un luxueux costume d’évêque et une mitre. Regardez, il s’agit, non de Kajetan bien sur, mais de Saint Augustin, fondateur de l’ordre du même nom et qui fut évêque de la ville antique de Hippone.


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