La place de l’Odéon

Le quartier de la residence princiere

La place de l’Odéon

Avant de quitter le sanctuaire, n’hésitez pas à vous attarder sur les riches ornements qui recouvrent l’ensemble comme ceux placés à droite et à gauche du maître autel. Regardez cette profusion de lourdes guirlandes de fleurs et fruits ainsi que la multiplicité des angelots.

Sortons à présent de l’église et allons devant sa façade.

Quand vous regardez la façade de l’église, dirigez-vous vers la droite et marchez tout droit jusqu’à une place ornée au centre d’une statue équestre en bronze. Nous ne pouvons pas vous donner d’adresse, car il s’agit encore de la place de l’Odéon. Allez jusqu’au pied du cheval.

Le plan urbanistique de Munich est vraiment étrange dans ce quartier. La Halle des généraux se trouvait au bout de la place de l’odéon et maintenant nous sommes sur une seconde place dominée au centre par une statue équestre et il s’agit toujours de l’Odéon ! Mais pourquoi l’Odéon ? Si vous connaissez Paris, vous devez penser au théâtre de l’Odéon. Et bien, c’est la même chose à Munich. Louis 1er avait fait édifié ici une salle de concert surnommée Odéon qui fut malheureusement détruite pendant la Seconde Guerre mondiale. Regardons un instant cette statue équestre martiale dressée sur un haut socle. Nous sommes au pied du roi Louis 1er de Bavière comme l’indique l’inscription sur le socle. Le souverain est montré comme un roi du Moyen Age avec une couronne à fleurs de lys comme nous en connaissons dans les livres d’image. Il est enveloppé d’un grand manteau de couronnement et élève fièrement son sceptre, symbole de la Justice royale. Munich pouvait lui offrir une belle statue, car c’est ce roi qui transforma la ville en une grande cité moderne et surtout en un important centre artistique. Nous venons de voir la façade de la résidence et la halle des généraux. Si vous jetez encore un coup d’œil vers la droite, vous pouvez admirer la perspective de la rue Ludwig que le souverain fit percer. Mais ce n’est pas tout. Munich lui doit également ces trois principaux musées : la galerie de peinture ancienne, celle de peinture moderne et la collection d’antiques. Pour les Munichois, il est resté dans toutes les mémoires en raison d’un scandale qui lui coûta son trône. Marié à la reine Thérèse, Louis se laissa envoûter par une belle danseuse espagnole: Lola Montes. Pour elle, il dépensa des millions et la Dame gouverna le pays. Finalement, les Bavarois en eurent assez et en 1848 montèrent sur les Barricades. Le roi dut abdiquer en faveur de son fils et Lola prit la direction de l’exil. Il existe un très beau film sur cette histoire où Lola est interprétée par l’actrice française Martine Carole. Revenons à la statue : aux côtés du roi, nous voyons deux charmantes pages portant un grand livre. Aux 4 angles du socle, nous voyons encore 4 femmes vêtues à l’antique. Regardez celle de droite. Elle est couronnée de lauriers et tient une lyre dans la main. Il s’agit de la poésie. Chacune des femmes symbolise une discipline: la poésie, l’art, la religion et l’industrie. Regardons maintenant les très beaux immeubles situés au fond de la place derrière la statue. Les palais que nous voyons sont les premiers construits sur la Ludwigstrasse et qui, nous pouvons le dire, donnèrent leur style à l’ensemble de l’artère. Mais si nous nous sommes arrêtés un instant ici, c’est parce que le palais à droite de la statue de Louis 1er est très lié à un personnage célèbre. C’est le palais du duc de Leuchtenberg. Cela ne vous dit rien ? C’est parce que vous le connaissez mieux sous un autre nom. Ce prince n’était autre que le fils de l’impératrice Joséphine, la première épouse de Napoléon 1er. Il s’agit bien sûr d’Eugène de Beauharnais. Fidèle à Napoléon qui l’adopta, Eugène fut un temps vice-roi d’Italie, puis chef de l’armée française en Allemagne. Après la chute de l’empire, Eugène se réfugia à Munich car il avait épousé Augusta, la fille du roi de Bavière et était très apprécié par son beau père. Naturellement, Eugène n’était pas sans ressource et il semble qu’il fut l’un des plus riches personnages d’Europe en 1817. Eugène mourut dans ce palais en 1824 à l’âge de seulement 43ans.


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