La maison à l’enseigne « à la bonne source »

Le quartier de la rue mouffetard

La maison à l’enseigne « à la bonne source »

Tournez le dos à l’église St Médard et remontez sur votre droite la rue Mouffetard. Arrêtez-vous au numéro126, sur la gauche.

La maison du N°126 possède une grande lucarne et date sans doute de la fin du 16e siècle.
Arrêtez-vous ensuite au coin de la rue Mouffetard et de la rue Daubenton, la 1re sur votre droite.

Dans cette rue Daubenton aussi, les maisons sont fort anciennes. Ainsi, la 1re maison à gauche présente une base en pierre qui date de la période médiévale. Les maisons médiévales étaient souvent construites en bois à partir du 1er étage, sur un rez-de-chaussée en pierre comprenant de grandes arcades qui donnaient sur les boutiques. Ces dispositions permettent de situer aisément l’origine médiévale d’une maison.
Revenez sur la rue Mouffetard.

Les maisons de la rue sont toutes anciennes. Les plus vieilles datent de la fin du 16e siècle, parfois remise au goût du jour au 17e et 18e siècles, les plus récentes datent du début du 19e siècle.
La rue a conservé intact le parcellaire médiéval : les maisons qui la bordent, si elles ont été modifiées au cours des ans, sont assises sur les mêmes fondations.
Au Moyen Age, les rues étaient généralement étroites, et la rue en a donc gardé la particularité.
Continuez la montée de la rue Mouffetard : arrêtez-vous devant le numéro 122 sur la gauche

Arrêtons-nous au N°122, devant une maison portant l’enseigne « à la bonne source ». Et regardons le 1er étage de la maison : nous voyons un bas-relief qui illustre cette enseigne. Elle est le reflet de l’humour et de la truculence d’un marchand de vin du 18esiècle.
Et justement, cela nous fournit l’occasion de parler un instant des enseignes et de la place qui était la leur au moyen âge : elles apparaissent aux alentour de 1200. L’enseigne est un élément incontournable du paysage parisien. Le mot vient du latin « signum », signe. L’enseigne apparaît dans un Paris où les rues ne portent ni nom ni numéro. Et quand bien même elles en auraient eu ; ils n’auraient servi à rien ou presque. Pourquoi ? Et bien tout simplement parce que la très grande majorité de la population ne savait pas lire ! les piétons se repéraient par conséquent aux enseignes. On disait : « j’habite dans la maison à l’enseigne de la bonne source ».
Au 18e siècle, les enseignes des boutiques prirent, avec la rivalité commerciale, un volume excessif. Devenues dangereuses, elles furent interdites en 1760, mais en vain comme on peut le constater. C’est à cette époque que les noms de rue apparaissent, mais il fallut attendre encore un siècle pour que, sous le 1er empire, le 1er numérotage apparaisse.
Les enseignes sont fabriquées en matériaux divers, elles sont toujours polychromes et représentent souvent l’outil ou le produit vendu ou encore le métier exercé : une botte pour le bottier, un pain pour le boulanger. On trouve aussi des sujets pieux, des scènes mythologiques, des figures du règne animal ou végétal, des astres, et des jeux de mots comme « au puits sans vin » qui peut se comprendre soit comme un puits où l’on trouve de l’eau sans présence de vin, soit comme un vin puissant.


<< 6 - La rue Mouffetard...         8 - Le passage des patri... >>

Sommaire complet du dossier :