Le passage des patriarches

Le quartier de la rue mouffetard

Le passage des patriarches

Continuez l’ascension de la rue Mouffetard. La 2e rue à droite est le passage des patriarches. Ce passage s’appelle ainsi parce qu’il mène au marché des patriarches lequel remonte aux environs de 1350. Nous allons parler de son origine. A cette époque, dans l’île de la Cité, 2 boutiquiers avaient été condamnés pour trafic de chair humaine. Et les nombreux prêtres qui avaient consommé leurs succulents petits pâtés, à base de chair humaine de voyageurs égarés, avaient donc fait acte d’anthropophagie. Et quoique ce fût à leur insu, ils furent excommuniés. Ils décidèrent alors d’aller demander grâce au pape, qui siégeait en Avignon, et partirent vaillamment pieds nus. Peu habitués à marcher ainsi, leur route s’arrêta ici où ils s’établirent c'est-à-dire somme toute très peu loin de leur lieu de départ. Leurs ressources épuisées, ils devinrent mendiants.
Un jour, un évêque qui s’en revenait chez lui fut attaqué par un groupe de malandrins, et il ne du son salut qu’à l’intervention de ces anciens prêtres. En reconnaissance, il les autorisa à monter, sur ses terres, un marché. Mais, deux précautions valant mieux qu’une, il fit préciser que ce serait un marché de « toutes marchandises dont on n’aurait pas à rechercher l’origine ». Le marché des patriarches était né. Il fut appelé ainsi parce qu’il occupait l’emplacement du domaine dit du patriarche, habité alors par un grand dignitaire ecclésiastique, patriarche d’Alexandrie.C’est de nos jours un marché aux puces.

Cet endroit est aussi célèbre pour d’autres raisons plus funestes : le 27 décembre 1561 eut lieu ici le 1er épisode sanglant des guerres de religion: c’est le vacarme de St Médard :
L’hôtel des patriarches était occupé par un sympathisant calviniste qui céda une aile de sa demeure aux protestants pour leur servir de lieu de culte. Ce fut l’un des 2 temples tacitement tolérés dans les faubourgs de Paris par Catherine de Médicis, alors régente de France.
Les protestants, assemblés pour un prêche, ne purent entendre le pasteur à cause des carillons des cloches de l’église St Médard. Le pasteur envoya des messagers pour demander l’arrêt du tapage. Et vous imaginez comment ces messagers furent accueillis par les paroissiens. Frappés pour certains, tués pour d’autres, il s’ensuivit une émeute violente entre les protestants et les catholiques. Les protestants mirent à sac l’église St Médard, les catholiques, pour ne pas être en reste, incendièrent le temple. Ces événements marquent à leur manière le début des guerres de religion avec la fin de la politique de tolérance de Catherine de Médicis et en particulier, 11 ans plus tard, le terrible massacre de la St Barthélémy.


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