La caserne de la Garde républicaine

Le quartier de la rue mouffetard

La caserne de la Garde républicaine

Continuez à monter la rue Mouffetard et arrêtez-vous à l’angle de la rue de l’épée de bois.

A la fin du 19e siècle s’élevait ici le cabaret de l’épée de bois. Ce cabaret qui existait depuis près de 600 ans était si fameux que ce n’est pas le café qui avait pris le nom de la rue, mais la rue qui avait pris celui du café.
Un habitué de l’endroit, à la fin du 19e, s’était amusé à calculer le nombre approximatif de verres de vin, bière ou liqueurs qui avaient pu se vider dans ce lieu depuis sa fondation. A raison de 200 verres par jour, sur une durée de 500 ans, en négligeant les années bissextiles, les repas de 1re communion, il était arrivé au chiffre astronomique de 36 millions 500 mille verres. Continuez la montée de la rue Mouffetard et arrêtez-vous devant le numéro 61, devant un énorme bâtiment situé sur le côté droit de la rue.

Il s’agit d’une caserne de la garde républicaine. Cette caserne occupe l’emplacement du couvent des filles de la miséricorde. Ce couvent avait été fondé au 17e siècle et les religieuses qui l’habitaient étaient vouées au soulagement des malades et des nécessiteux. Au début du 18e siècle, les bâtiments tombaient en ruines et la communauté n’avait certainement pas les moyens de leur sauvegarde. La supérieure fit appel à Mme de Maintenon, favorite toute puissante du roi Louis 14. La marquise obtint que les dépenses fussent supportées par le trésor général, et chargea le lieutenant général de police d’Argenson de veiller à la réalisation des travaux. Notre homme se rendit au couvent pour en estimer les travaux. Mais, lors de cette visite, d’Argenson tomba amoureux d’une jeune et jolie novice. Il l’exhorta à s’évader et lui promit de faire sa fortune. La supérieure, informée du projet, en empêcha l’exécution, et d’Argenson en colère l’informa alors qu’il suspendait les travaux.
Déchirée entre son désir de voir réparer son couvent et le devoir qui était le sien de veiller sur la jeune novice, la supérieure opta finalement pour la restauration de sa maison et abandonna au marquis l’objet de sa convoitise.
Le couvent fut fermé à la révolution et devint caserne de la garde républicaine. Les bâtiments furent reconstruits en 1840.


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