La place de la Contrescarpe

Le quartier de la rue mouffetard

La place de la Contrescarpe

Marchez jusqu’au nº 1 de la Rue Saint Médard pour voir la maison des 3 thés, haut lieu parisien des amateurs de thé. 

Cet établissement allie salon de thé, importation et négoce de thé. Il propose des séances d’initiation au Gong Fu Cha, très ancienne manière de préparer certains thés bleus-verts de Chine. Les caves renferment jusqu’à 1000 variétés de thés. Il est possible d’accéder à l’espace dégustation.
Revenez sur la rue Mouffetard et poursuivez la remontée de la rue Mouffetard. En haut de la rue Mouffetard, vous débouchez place de la Contrescarpe.

Cette place a été formée en 1852. Son nom, place de la contrescarpe, vient d’un terme de fortification militaire : la zone de contre-escarpe, désigne-la paroi du fossé entourant un mur d’enceinte d’une ville, du côté de la campagne. Cela nous rappelle qu’au Moyen Age, passait non loin d’ici le mur d’enceinte de la ville de Paris, construit par Philippe Auguste au 13e.
Ce lieu fut de tout temps très animé: des domestiques, des porteurs de chaises, des montures y stationnaient, on s’y réunissait pour s’amuser. Et, au 18e siècle, les désordres fréquents justifièrent la création d’une caserne proche de gardes française.
Regardez maintenant les maisons situées autour de cette place. Le numéro 14, situé à côté du débouché de la rue Mouffetard, porte sur sa façade une enseigne peinte représentant un homme de couleur « au nègre joyeux ».

Regardez maintenant vers le côté opposé de la place plus précisément l’immeuble du nº 1, situé à gauche de cet alignement  : sur une façade du 19e siècle, regardez la partie haute du 1er étage : vous y voyez un bandeau portant une inscription à l’enseigne du cabaret de la Pomme de Pin. La place de la contrescarpe fut un lieu de cabaret de tout temps et elle conserve encore aujourd’hui cette tradition.. L’utilisation de la pomme de pin comme enseigne était très répandue chez les marchands de vin pour une raison fort simple. La pomme de pin rappelait en effet cette poix-résine de pin dont les barriques de vin étaient enduites à des fins d’imperméabilisation.
Ce cabaret de la pomme de pin a de tout temps été très réputé et si la maison a de nos jours disparu, le souvenir demeure. Au Moyen Age, le poète Villon y était un habitué. Poète du 15e siècle, titulaire d’une maîtrise d’arts obtenue en 1452 à la Sorbonne, il partageait la vie tumultueuse des étudiants du Quartier Latin, fréquentait les truands, et finit pas assassiner un prêtre. Arrêté, jugé, gracié, il ne s’amendera pas pour autant et mènera toujours une existence errante ponctuée de brefs séjours en prison. Il risqua plusieurs fois la potence. Il nous a laissé des recueils de poésie qui comptent pour des chefs-d'œuvre dont la célebrissime « ballade du pendu » où il se met en scène au bout d’une potence. Imaginez l’atmosphère d’un cabaret à son époque : les taverniers vous versent de la cervoise ou du vin accompagné de harengs bien salés qui vous assoiffent encore davantage. Au 16e siècle, ce cabaret eut l’insigne honneur d’être vanté par Rabelais, puis fréquenté par les membres de la Pléiade : Ronsard, Baïf, du Bellay ; et au 17e siècle par , Boileau, Racine, La Fontaine, Molière.
Dirigez-vous maintenant vers le coin de la place situé sur la rue Mouffetard et reprenez la montée de celle-ci, mais en vous arrêtant très vite, dès le nº 9 rue Mouffetard.


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