Histoire de Mala Strana

Le quartier de mala strana : du chateau au jardin de vrtba

Histoire de Mala Strana

L'histoire de Mala Strana dépasse largement 300 années, elle se confond très exactement avec celle de Prague. Soit plus de1000 ans, c'est dire son ancienneté. Pour mieux comprendre le quartier, il faut donc revenir sur cette histoire. L'essor de ce "petit côté" débute au 9e siècle sous l'impulsion de la dynastie des Prémyslides. Et ce fut le plus grand d'entre eux, Ottokar 2, qui fonda véritablement la cité en 1257, la transformant en un important centre de négoce fréquenté par des marchands allemands. La Bohême étendait alors son autorité loin de ses frontières naturelles, de la Baltique à l'Adriatique. A l'ombre du Château, le quartier prospère et se couvre de places et d'églises, on en compte près de 14 dès la fin du 13e siècle. De cette période il reste peu, car l’emplacement privilégié de Mala Strana juste sous les murs du Palais royal l'exposa au meilleur comme au pire. Le seul héritage de ce lointain passé ce sont les impasses, ruelles, escaliers, passages qui irriguent le quartier et trahissent son origine médiévale.
Un siècle et demi plus tard, après le règne du grand Charles 4, à la fin du 14e siècle, la Bohême s'enfonça dans une crise sociale sans précédent. Une guerre civile frappa alors la ville et le royaume. Abîmée lors des combats qui se déroulent dans ses rues, Mala Strana entama un déclin qui ne fut enrayé qu'au 16e siècle avec l'arrivée au pouvoir de l’autrichien Ferdinand Premier de Habsbourg. Le quartier entama alors rapidement sa reconstruction et devint sous l'impulsion de Rodolphe 2 de Habsbourg, à la fin de la Renaissance, une des vitrines de l'art moderne européen. Sur fond de style Renaissance, la tendance alors était au maniérisme, un art de cour, élégant, aux couleurs vives et aux postures tarabiscotées. On a pu dire que le maniérisme était un « rejeton raté » du style Renaissance. Ou bien encore, pour les positifs, qu’il était un premier bourgeon du style baroque.
Notons au passage que ce cas de figure est souvent rencontré dans l’évolution d’un style. Il y a toujours une phase 1 ou le style nouveau se cherche encore mais est prometteur ; une phase 2 où le style tient ses promesses en quelque sorte : c’est la phase de maturité. Et puis, il y aune phase 3 où de nouveaux artistes font de nouveaux essais, des innovations. Le plus souvent, on se rend compte qu’ils sont ratés, qu’ils dénaturent le style de départ tout en n’en créant pas un nouveau. C’est un peu le cas du maniérisme avec la Renaissance, du Rococo avec le baroque. Cela dit, c’est aussi, de ces essais que naissent les nouveaux styles.

A cette époque toujours, la société de Mala Strana était mêlée : bourgeois, aristocrates, mais aussi de grands artistes, comme le peintre Giuseppe Arcimboldo, un italien originaire de Milan, de grands savants comme l'astronome Johannes Kepler s'y rencontraient. Certes pas toujours aux mêmes endroits…mais quand même, ces milieux différents se côtoyaient.
La situation change en 1620, lorsque les élites protestantes Pragoises sont défaites à la bataille dite de La Montagne Blanche par la ligue catholique menée par les Habsbourg.
Comme tout le pays, Mala Strana subit violemment cette défaite. Le quartier se décomposa puis se recomposa : les nouveaux vainqueurs prirent possession des belles demeures d’antan. Ils firent tracer de nouvelles artères, des places, des jardins en terrasses, de somptueux palais et comme il s’agissait de reprendre en main une terre « hérétique », de nombreux édifices religieux furent construits.
C'est alors que Mala Strana prend l'aspect qu'on lui connaît aujourd'hui :un aspect baroque.
Rappelons que le style "baroque" apparaît dès la fin du 16e siècle en Italie avant de gagner la plupart des pays de confession catholique. Peut être en réaction à un style Renaissance jugé trop sévère, trop droit, le baroque se voulut être un style libéré, aérien qui cultivait la courbe, le trompe-l'œil et les statues gesticulantes. Le baroque ne tenait pas en place, mais il finit par se calmer à la fin du siècle, avant de définitivement disparaître sous les quolibets des défenseurs du rationalisme. Désormais, on fit appel au sérieux de l'Antiquité, le style néo-classique était né.


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