Le palais Lichtenstein

Le quartier de mala strana : du chateau au jardin de vrtba

Le palais Lichtenstein

Voilà, nous sommes derrière cette colonne. A notre gauche, c'est la monumentale église Saint-Nicolas, chef-d'œuvre de l'art baroque pragois que nous visiterons un peu plus tard.
Retournons nous. L'église Saint-Nicolas est maintenant dans notre dos, mais devant nous il y a un grand bâtiment blanc, c'est le palais Lichtenstein, situé au N°13 de la Place de Mala-Strana.
Le palais Lichtenstein occupe une longue façade délimitée par la rue Nerudova. Le propriétaire de ce Palais, Karel de Lichtenstein, a écrit l'une des pages les plus sombres de l'histoire de la Bohême.
Mais revenons à ce karel : nommé gouverneur impérial après la bataille de la montagne blanche par l'empereur Ferdinand de Habsbourg, il organisa la répression et dirigea l'exécution de 27 chefs de l'opposition protestante sur la Place de la Vieille-Ville, le 21 juin 1621. Terrible souvenir.
Il fut aussi associé à la commission d'enquête chargée de prononcer les peines de confiscation à l'encontre de la noblesse protestante et il en profita pour s'enrichir considérablement.
Le palais est en quelque sorte le produit de ses exactions puisqu'il fut édifié sur cinq maisons dont le "gouverneur sanglant" -comme on l'appelait alors- s'était emparé.

La façade du palais ne correspond pourtant plus au règne de ce potentat, car elle fut totalement remaniée en 1791. Aujourd'hui, si on la compare avec l'église de Saint-Nicolas, juste devant elle, son néoclassicisme est évident. Par néoclassicisme, il faut entendre un style qui s'est développé à la fin du 18e siècle en prenant le contre-pied du baroque. Et vous voyez bien ici une façade sans effets décoratifs, rythmée non plus par des colonnes, mais par des pilastres et des fenêtres simples. Dans le contexte exubérant du baroque pragois, le classicisme donne vite une sensation de sévérité. Vous vous souvenez que, devant trop de Renaissance et de rigueur, nous avions dit que le style appelé « maniériste » puis le baroque s’étaient développés. La, le balancier est reparti dans l’autre sens : après beaucoup de baroque et même de rococo, il y a un retour à un peu plus d’ordre. En art comme dans beaucoup d’autres domaines, ce mouvement de balancier semble éternel.
Mais revenons au palais Liechtenstein : depuis quelques années, il abrite la prestigieuse Académie de musique de Prague.


<< 7 - La place Mala-Strana...         9 - L’Eglise Saint-Nicol... >>

Sommaire complet du dossier :