La Structure de l’Eglise Saint-Nicolas

Le quartier de mala strana : du chateau au jardin de vrtba

La Structure de l’Eglise Saint-Nicolas

Retournons-nous à nouveau vers la nef et avançons de quelques pas jusqu'au troisième pilier.
Et avant de nous intéressez à la voûte, découvrons l'architecture. Alors tout d’abord, devant nous, il y a cette large nef centrale, le long de laquelle se succèdent quatre solides piliers jusqu'au transept. Le transept est cette nef transversale placée juste devant le chœur. Et au-delà, c'est à dire tout au fond de l'église, se trouvent le chœur et l'autel principal. Voilà ! Une structure somme toute classique. Mais le traitement lui ne l'est pas du tout "classique", car peinture, sculpture, architecture…. : tout semble se répondre dans la nef de Saint-Nicolas et arriver de tous les côtés au point que l'on ne sait plus trop où donner de la tête. On l'aura compris, s'il n'y avait qu'une église baroque à Prague, ce serait celle-là.

Pour commencer, regardons juste au-dessus des piliers massifs de la nef centrale, à l'étage, où se trouvent des tribunes. D'un pilier à l'autre de la nef, une onde anime les tribunes créant une sensation de mouvement saccadé qui conduit notre regard en un clin d'œil d'un bout à l'autre de l'église. Ces tribunes nous apparaissent Théâtrales tant la recherche de l'effet, tant l'outrance même de leur forme appartient au domaine du jeu plutôt qu'à celui de la dévotion. Mais ce mouvement ondulatoire -toujours lui- qui les anime est le mouvement général qui anime l'édifice tout entier. Courbes et contre-courbes tout se résume à cela, est-il besoin de rappeler que cette église est baroque ?
Levons maintenant les yeux vers le plafond. Ce plafond est divisé en trois grands ovales qui s'entrecoupent tout en s'éloignant par vagues successives du portail jusqu'à la coupole. Nous remarquons que rien ne vient arrêter notre regard et l'avantage d'un tel système est d'abolir le cloisonnement de la voûte, de la dématérialiser, en réservant une vaste surface lisse propice aux grandes décorations peintes. Mais l'impression est aussi celle d'un espace dynamique doté d'une grande légèreté. La sévérité est ici proscrite, car aucune ligne horizontale continue ne s'impose. Par exemple, regardons la corniche qui décore les piliers : elle est systématiquement interrompue par les travées qui conduisent aux chapelles latérales et c'est au-dessus l'animation des tribunes qui prend le relais. Vous voyez bien, les tribunes ondulent, et la nef s'anime aussi. Et cette fois, c’est grâce à ses piliers massifs qui ont été placés légèrement de biais par rapport à l'axe de l'église. Tout participe à une sorte d’élan ondulatoire de l'église ! On peut dire que dès la fin du 17e siècle, des architectes italiens tels que Borromini à Rome ou Guarini à Lisbonne avaient déjà utilisés ce genre de trouvailles, mais ce sera en Allemagne et en Bohême qu'elles s'épanouiront comme le montre Saint-Nicolas.


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