La Contre-reforme

Le quartier de mala strana : du chateau au jardin de vrtba

La Contre-reforme

Alors pourquoi un tel décor ? C’est ce que ce court chapitre va expliquer en parlant de la contre-réforme. A l'époque, ce qui pose problème à la papauté, c'est la montée en puissance du protestantisme. Celui-ci condamnait tout un ensemble d’abus et de pratiques de l’église catholique comme la façon de dire les messes. N’oublions pas qu’alors, la messe était invisible aux fidèles. Les religieux qui la célébraient étaient entourés de barrières infranchissables au regard. Et c’était un clerc qui, placé debout à côté de cette barrière, « racontait » aux fidèles la messe qu’il voyait.
Les abus furent corrigés, un peu, et les pratiques amendées en partie.
Mais les Protestants contestaient aussi tout un pan du dogme catholique. Et cela, c’était inacceptable, car accepter de renier ne serait ce qu’une petite partie du dogme aurait signifié remettre en cause tout le dogme. L’église pensait que cela revenait à enlever une carte à la base d’un château de carte. Il faut dire qu’ils réfutaient beaucoup du dogme catholique: refus du miracle de la transsubstantiation, c'est-à-dire du changement de la substance du pain et du vin en corps et en sang du Christ lors de la messe grâce à l'intervention du Saint-Esprit. Refus de la dévotion mariale, les Protestants reprochant aux catholiques d'avoir fait de la Vierge un personnage aussi important que le Christ. Selon eux, elle ne méritait pas ce statut. Luther ne disait-il pas "Si tu crois en Jésus Christ, tu as autant de sainteté qu'elle" ! Par ailleurs la virginité de la Vierge était considérée comme inconcevable. Il faut alors imaginer l'émoi des croyants devant l'outrage qui était fait -selon l'Eglise- à celle qui pendant des siècles avait été la consolation de la chrétienté.
Du coup, non seulement l’église décida de ne pas battre en retraite, mais de contre-attaquer et chercha à affirmer tous ces dogmes comme des vérités fondamentales…. Ne souffrant pas la discussion, cela va sans dire. Elle fit appel à tous les moyens en son pouvoir : les armes bien sûr, mais aussi la dialectique -dont les jésuites étaient passés maîtres- et l’art où le baroque devait « captiver » les gens. Captivés par tant de beauté, les spectateurs ne pouvaient que remercier l’église catholique en acceptant ses dogmes.

Ainsi, on comprend mieux alors le sens de ce décor, les Pères de l'Eglise d'Orient sont les défenseurs des dogmes. Le culte marial est ici représenté par les huit allégresses de la Vierge. Quant au miracle de l'Eucharistie, il est symbolisé par la colombe du Saint-Esprit. Mais si l'on doit lire un tel symbolisme à la lumière de l'époque, alors les dignes héritiers des Pères fondateurs dans la défense de l'Eglise, et bien ce sont les Jésuites !
Ces derniers ne manquent pas de le rappeler dans la partie la plus importante de l'église, le Saint des Saints, c'est-à-dire dans le chœur.


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