Vers la Place de Mala Strana

Le quartier de mala strana : du chateau au jardin de vrtba

Vers la Place de Mala Strana

Et maintenant, sortons de l’église.

Voilà, notre visite de Saint-Nicolas s'achève. En espérant qu'elle vous a permis de mieux cerner ce que les historiens d'art nomment le "baroque pragois". C'est finalement un baroque tardif qui s'épanouit dans le premier tiers du 18e siècle juste avant l'arrivée du rococo. Les acteurs principaux ne sont plus alors des architectes italiens, mais des locaux, comme Dientzenhofer, Santini-Aichl et bien d'autres. Chacun a sa manière revendique ouvertement son originalité en cultivant les plans complexes, l'illusionnisme et le mouvement. Un baroque plus festif que l'écrivain Paul Claudel a comparé à "un éclat de rire", décidément Mozart n'est vraiment pas loin !

Et maintenant, longeons la façade principale sur notre gauche puis, au bout, tournons encore à gauche pour longer, la nef puis le clocher de l'Eglise Saint-Nicolas. De là, toujours en restant sur le même trottoir, nous rejoindrons la seconde partie de la Place située derrière le chevet c'est-à-dire la partie arrière de l'église.
Au passage, vous remarquerez que l’unique rue que nous voyons déboucher à notre droite lors de cette marche s’appelle la rue Karmelistka. Mais pour l’instant, continuons de marcher pour faire le tour de l’église en restant sur le même trottoir. Nous arriverons donc sur la seconde partie de la Place de Mala Strana et le chevet de l'église est dans notre dos. Plaçons-nous devant la maison qui se trouve au n°26

D’où nous sommes, devant ce n°26, nous pouvons contempler au mieux la diversité des façades baroques qui nous entourent. Comme on aurait pu s'en douter, tous les palais et édifices publics, arcades qui entourent cette place sont assez anciens. Ils ont été construits après le grand incendie de 1541. D'ailleurs, l'aménagement des places au moyen d'arcades fut très en vogue en Italie à partir du 16e siècle. Et l'Italie a toujours influencé Prague.
Par exemple, regardons juste de l'autre côté de la place : en face de nous, c'est l'Hôtel de Ville de Mala Strana -au n°19- avec sa belle façade couleur havane rythmée par un jeu de pilastres et de bandeaux. Il fut en activité jusqu'en 1784.

A sa gauche, au N°21, au-dessus des arcades, se trouve l'imposant palais Smiricky-Montagù. Vous ne pouvez pas le rater avec sa façade jaune et verte et ses quantités de fenêtres. Le palais, qui date de 1606, fut totalement remanié en 1763 comme le montrent ses deux délicates tours d'angles et sa façade rococo largement ouverte sur la place. On rapporte que c'est dans ce palais que se trama le complot de la défenestration de Prague. Souvenez-vous. Nous sommes en 1618. L'Empereur catholique n'ayant pas respecté la liberté de culte pour les Protestants ; furieux, ces derniers défenestrèrent deux de ses représentants au Château de Prague le 22 mai 1618. Une date qui raisonne encore comme un coup de canon, et est considérée comme le coup d'envoi la même année de la Guerre de Trente ans ! Les Smiricky étant protestants, ils furent dépossédés de tous leurs biens dès 1620 au profit d'Albrecht Wallenstein un personnage haut en couleurs qui avait son château à quelques pas d'ici.
Nous allons maintenant marcher pour rejoindre l'église Saint-Thomas, dont nous pouvons voir le clocher pointu que nous voyons au fond sur notre droite.
Traversons la place de Mala Strana en direction du palais Smiricky-Montagu, passons sous les arcades.


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