Le palais Ephraïm

Le vieux berlin du pont du chateau a l'alexanderplatz

Le palais Ephraïm

Et maintenant, tournons le dos à l’église et allons à gauche dans la Poststrasse pour nous rendre devant le palais Ephraim situé à 100 mètres de là. Vous ne pourrez pas vous tromper, car il est situé à l’angle de la Poststrasse et de la rue Mühlendamm, la large rue à vaste circulation et est reconnaissable à sa façade en arc de cercle portant un balcon doré devant les fenêtres du premier étage.

Le palais est précédé de quelques marches donnant dans la Poststrasse. Montons les marches conduisant devant l’entrée du palais. Nous sommes désormais à l’angle de la Poststrasse et du Mühlendam, une vaste rue à forte circulation.

Ce bâtiment dégage beaucoup de charme avec sa délicate façade rococo.  Le style baroque, dont le rococo est un des derniers bourgeons, aimait à jouer sur les formes pour capturer puis orienter le regard. Ce style qui se développa pendant la 1ere moitié du 18e siècle aimait à multiplier les éléments décoratifs comme les coquilles, les enfants qui jouent et surtout les formes courbes et complexes. Nous en avons ici une jolie démonstration.

On le voit, le grand balcon saute aux yeux. Cela veut donc dire qu’il y a une volonté de mettre le 1er étage en avant. Et d’ailleurs, il correspond aux appartements de réception, qui s’ouvrent avec des grandes doubles fenêtres achevées en arc de cercle. Revenons à ce grand balcon doré: il est porté par 6 paires de colonnes toscanes, c’est à dire au chapiteau simple et sans fioriture. Leur rôle est d’attirer le regard et de l’entraîner vers le balcon, qui lui même l’entraîne vers la façade. Le balcon protégé par une superbe grille en fer forgé découpé comme de la dentelle est orné d’enfants en pierre symbolisant les 4 saisons et les 4 éléments. Vous pouvez voir par exemple un enfant enveloppé d’un manteau avec, à ses pieds, des flammes : que fait-il ? Eh bien, il se réchauffe. Et quand doit-on se réchauffer ? En hiver. Donc, ce putti représente l’hiver. Amusez-vous à décrypter les autres saisons.

Ensuite, aux étages suivants, au dessus de chacune des portes-fenêtres s’ouvre une autre fenêtre rectangulaire précédée d’un petit balcon à la grille également très ouvragée. Ensuite vous voyez un étage dont seule la fenêtre centrale a reçu un gracieux balcon.Admirer également les pilastres munis d’un chapiteau corinthien, c’est-à-dire orné de feuilles d’acanthes- qui s’élèvent sur toute la hauteur du 1er étage et qui, ainsi, structure la façade.

Pour finir, le toit est précédé d’une belle balustrade de pierre portant des vases ouvragés. Mais c’est surtout son histoire qui est intéressante. Car le bâtiment avait été entièrement démonté en 1935 lors de l’élargissement de la rue et les 2493 parties de sa façade entreposées dans le quartier de Wedding, dans l’ouest de Berlin, où elles furent oubliées jusqu’en 1983. A cette date, le Sénat de Berlin ouest échangea avec les autorités de l’est les pierres du 18e siècle contre les archives de la manufacture royale de porcelaine. Le palais est donc l’un des rares exemples d’architecture baroque privée conservés à Berlin en l’état et qui n’ait pas souffert de la 2d guerre. Ce beau palais avait été construit en 1762 pour le joaillier et banquier Ephraim. Ce banquier reçut de nombreux privilèges pour avoir aidé le roi à ne pas faire banqueroute, en particulier lors de la guerre de 7ans contre l’Autriche à partir de 1760.

Les colonnes soutenant le grand balcon proviennent, selon la légende, d’un château ayant appartenu au premier ministre de Saxe, le comte de Brühl. Ce personnage était haï par le roi Frédéric 2 qui disait «Brühl à 300 perruques, mais pas de tête ! ». Lors de la guerre de 7ans qui opposa la Prusse et l’Autriche, le ministre Brühl avait poussé la Saxe du côté de l’Autriche. Frédéric envahit alors le pays et fit détruire les résidences de Brühl. Il aurait à ce moment-là fait amener les colonnes à Berlin comme trophée et les aurait donnés à son banquier. Aujourd’hui, ce palais est réservé aux expositions temporaires du musée de la ville.


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