L’église Sainte-Marie

Le vieux berlin du pont du chateau a l'alexanderplatz

L’église Sainte-Marie

Tournons le dos à la mairie : nous voyons en face l’église Sainte Marie avec son clocher en cuivre verte.

Allons en direction de l’église, et, en chemin, arrêtons-nous devant la grande fontaine de bronze ornée d’un puissant Neptune assis sur une grande coquille.

Sans doute êtes-vous étonnés de découvrir ici, un peu abandonné au milieu du béton et des immeubles modernes, une vaste fontaine néo-baroque en bronze sur laquelle trône Neptune dans toute sa gloire. Cette fontaine sculptée en 1891 se trouvait avant la guerre devant le château royal. Elle fut transportée à son emplacement actuel après la démolition du château. Encore une fois, comme dans l’escalier de la mairie, vous y voyez le triomphe de la navigation sous les traits du Neptune trônant sur une immense coquille. Remarquez également les nombreux poissons et animaux aquatiques qui peuplent ce chef-d'œuvre. Deux raisons pour ce thème marin : tout d’abord, Berlin fut au Moyen Age, et pendant un court temps, membre de la Hanse, cette association de villes spécialisées dans le commerce par voie d’eau à travers l’Europe. Ensuite, la Prusse souhaitait posséder une importante flotte depuis toujours. Elle réussit peu avant la Première Guerre mondiale à former une prestigieuse marine. L’empereur Guillaume 2 celui de la Première Guerre mondiale- était lui-même un navigateur passionné et se rendit plusieurs fois en Norvège, Finlande et jusqu’aux limites du pôle nord.

Continuons jusqu’à l’église de Marie et arrêtez-vous devant son porche faisant face à la grande rue -la Spandauer Strasse. Admirez cette belle construction en pierre de taille. Comme à l’église Nicolas, la façade est très simple, dépouillée et présente une belle architecture de brique. Le mur de façade est presque aveugle. Elle est simplement percée de la grande double porte entourée d’un arc brisé, c’est à dire d’un arc qui s’achève en pointe. Au fait, on parle souvent d’arc brisé. De quoi s’agit il ? Et bien, il s’agit d’un encadrement qui a la forme d’un arc. Ou, tout du moins, qui commence comme un arc, mais à un moment donné, cet arc est interrompu, on dit qu’il est brisé. C’est une figure généralement caractéristique du gothique. Au-dessus de la porte s’ouvre une fenêtre de taille réduite également inscrite dans un encadrement en arc brisé.

Remarquons aussi les belles portes de bronze fondues en 1970 par Achim Kühn. Le motif est non figuratif, c’est à dire non explicite. On peut juste voir que sont des coulées de bronze ayant la forme de vagues. Nous pouvons maintenant laisser la place à notre imagination, ce qui est une des fonctions de l’œuvre d’art.

La façade, quant à elle, est dominée par la massive tour quadrangulaire en pierre qui supporte un beau lanternon de cuivre vert. Regardons-le ! Il nous semble très élégant et de notre point de vue, il donne une impression de légèreté à cette église médiévale un peu sévère ?
En fait, l’église Marie apparaît dans les archives pour la première fois en 1294. L’actuelle église de brique et pierre fut construite vers 1420 et la tour en 1466. Néanmoins, cette dernière reçut en 1789 son clocheton en cuivre dessiné par un artiste que vous connaissez déjà : Carl Gotthard Langhans, le maître de la porte de Brandebourg. L’église Marie est la seconde paroisse consacrée à Berlin, après l’Église Nicolas.


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