La danse des morts

Le vieux berlin du pont du chateau a l'alexanderplatz

La danse des morts

Entrons dans l’église pour en découvrir l’intérieur qui fut restauré au début des années 2000 et arrêtons-nous d’abord dans le Narthex. Le narthex est cette sorte d’antichambre qui sépare le porche d’entrée de l’église même. Ici, il est bordé à droite et à gauche par des parois de verre.

Regardons à notre gauche à travers les parois de verre (certainement très sales). Vous devez pouvoir apercevoir, malgré l’obscurité, un pilier situé à gauche sur lequel se détache une frise de personnages presque effacée. Si vous avez beaucoup de mal à admirer cette fresque, vous pouvez vous reporter à la reproduction située devant vous contre la paroi de verre.
Il s’agit de la danse des morts qui se déploie à une hauteur de 2 mètres et sur une longueur de 22 mètres entre le portail et l’entrée de la nef. L’œuvre fut recouverte d’un enduit vers 1614 et redécouverte en 1860.

Ce thème, très apprécié au Moyen Age, montre aux fidèles le caractère éphémère de la vie et l’égalité de tous devant la mort. Comme souvent, cette représentation est liée à la violence des évènements contemporains comme la guerre ou les épidémies. Ainsi, la peinture berlinoise peut-être datée de 1484, année d’une grande peste. Les 27 personnages formant la ronde se reconnaissent à leur costume. Elle est introduite par les ecclésiastiques : un franciscain, un juge ecclésiastique, un chapelain, un augustin, un dominicain, un prêtre, etc. jusqu’au Cardinal et finalement le pape. Au centre, nous voyons le christ crucifié en compagnie de Marie et de Jean et il est intégré comme un quelconque mortel, ce qui est très rare bien évidemment dans ce type d'œuvre. En incluant le Christ dans sa danse de la Mort, l'artiste a voulu illustrer sa conviction : le pardon de Dieu est offert à tous ceux qui se repentent. Ensuite vient le registre profane : empereur et impératrice, roi, duc, chevalier, maire, usurier, marchand, artisan, paysan, aubergiste et fou. On remarquera que les personnages les plus importants sont les plus proches du Christ. Autre détail intéressant de la structure de cette fresque: la procession se dirige vers la droite, mais la Mort regarde toujours vers la gauche. Ainsi, la Mort fixe toujours le spectateur qui défile devant la danse macabre. Cet effet d'illusion devait forcer l'admiration - ou l'effroi - des gens de l'époque.
Vous remarquerez en outre que la Mort forme un couple avec chaque personnage. Elle n'est pas représentée, comme à l'habitude, en un squelette, mais en un homme très maigre dont les os saillent sous la peau, et elle est drapée dans un linceul, sauf avec le pape où elle est nue. Cette particularité de la fresque insiste sur l'idée de l'égalité des Hommes, ainsi que sur celle de l'humilité qui leur sied.

Pour les amateurs de cinéma, quand on voit cette fresque, on ne peut pas ne pas penser à la dernière scène du chef-d'œuvre D’Ingmard Bergman : « Le 7e Sceau ». On y voit la mort qui entraîne tous les personnages dans une ronde au milieu de la campagne.


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