Les tableaux intéressants de cette église

Le vieux berlin du pont du chateau a l'alexanderplatz

Les tableaux intéressants de cette église

Allons vers le tableau accroché sur le premier pilier de droite. Par la suite, nous allons décrire 2 tableaux intéressants de cette église, puis sa chaire à prêcher puis le cœur. Vous devez reconnaître les représentations de cette peinture sur bois.

La peinture s’intitule ainsi la Confession apostolique. Commençons par la scène du premier plan. Nous y voyons un personnage barbu et richement vêtu qui bénit une femme sortant du flanc d’un homme endormi. Naturellement, il s’agit de la naissance d’Eve. Le peintre a ajouté plusieurs animaux à gauche comme le lion et un cerf pour symboliser le paradis.

Maintenant à gauche, juste au-dessus des animaux, nous voyons une construction supportée par des colonnes. A l’intérieur, une femme vêtue de rouge et de bleu, les couleurs de la Vierge se tient sur un prie-Dieu tandis que lui parle un ange. Il s’agit de l’Annonciation. Cet épisode se poursuit au-dessus avec la Nativité dans la crèche.

Regardons le centre du tableau : nous y reconnaissons naturellement la crucifixion avec Madeleine, la vierge et Jean au pied de la croix. Derrière ce groupe se dresse une colonne avec un coq au sommet et 2 fouets en forme de croix : il s’agit des instruments de la passion et du reniement de Saint Pierre. À gauche de cette scène centrale, nous avons la mise au tombeau.
Dans la partie droite, en haut du tableau, nous voyons un groupe de personnages réunis près d’une montagne et regardant vers le haut. Nous distinguons un nuage sombre et des pieds sortant du bord visible d’une robe : il s’agit de l’ascension du Christ.

Il s’agit de l’aboutissement de la Résurrection que nous voyons juste en dessous avec le christ debout sur son tombeau et les soldats endormis. Regardons la partie inférieure droite, près d’Adam et Eve : nous voyons le Christ dans les Enfers rachetant les pêcheurs.

Enfin, dans le bord supérieur gauche, nous voyons sans problème la Sainte Trinité apparaître dans les nuages (Le Père, le Fils et le Saint-Esprit) et juste à côté le Christ, juge triomphateur entouré d’anges jouant de la trompette.

Vous êtes sans doute surpris par une dernière scène qui ne se rapporte pas à la vie du Christ. Celle située à droite de la croix près du corps du christ. Elle représente une église avec une foule assemblée devant la chaire pour écouter le prêche. Et devant, il y a une scène de confession avec un prêtre vêtu de noir qui symbolise la rémission des pêchés. Ce tableau est très proche de l’art de Lucas Cranach et peut être attribué à son cercle grâce à une œuvre similaire conservée au musée de Meinigen en Allemagne. Quant au contenu, il est complexe et fut inspiré directement par la réforme de Martin Luther. La réforme de Luther voulait mettre plus l’accent sur les épisodes de la vie du Christ et nettoyer la religion chrétienne de tous les ajouts qui ont été faits au fur et à mesure des siècles.

Enfin, Luther et Cranach étaient amis et vivaient tous deux à Wittemberg dans la région de la Saxe. Lucas Cranach adhérait aux idées de Luther et il réalisa ainsi plusieurs tableaux et gravures répondant aux messages théologiques de son ami réformateur. Ces tableaux et gravures, véritables tracts de propagande, circulaient ensuite dans l’ensemble de l’Allemagne et il est facile de supposer que le peintre Berlinois avait vu certaines de ces œuvres avant de réaliser ce tableau que nous avons sous les yeux.

Et maintenant, tournons-nous et allons voir le pilier d’en face, c’est à dire le premier pilier à gauche quand on rentre dans l’église. Nous y voyons un tableau peint sur bois.

Cette fois, nous voyons une grande crucifixion datant du milieu du 16e siècle. Elle est signée du monogramme MR qui peut être identifié comme Michael Ribestein. Au pied de la croix, vous voyez les membres de la famille du donateur de la peinture. Ils sont tous vêtus de noir selon la mode contemporaine. Ils nous sont malheureusement inconnus et restent non identifiés à ce jour.
Regardez attentivement la crucifixion. Vous voyez ainsi à droite de la croix, Jean le Baptiste tenant un rouleau sur lequel est inscrit : « Agneau de Dieu qui porte les pêchés du monde ». À gauche, il s’agit de Moise portant les tables de la loi. Moise et Jean attirent l’attention sur la loi et l’évangile, sur le pêché et la rédemption. Il ne s’agit pas d’une crucifixion traditionnelle en raison de la présence de Baptiste et de Moise, mais d’une iconographie luthérienne. Et en quoi luthérienne ? Et bien, normalement, dans la tradition picturale chrétienne catholique, nous voyons de part et d’autre du Christ les témoins de sa crucifixion, à savoir la Vierge Marie et l’apôtre Saint Jean. Ici, en revanche, il s’agit d’une représentation dogmatique à message religieux et non historique. Le Christ est représenté entre les 2 livres : l’Ancien Testament à travers Moise et le Nouveau Testament qui fut annoncé par Jean le Baptiste.

La réforme de Luther insiste sur l’importance du retour à la lecture de la Bible. Le livre, ancien et nouveau testament était le fondement de la foi et son message est donc de rappeler ce principe, et de rappeler l’importance de Jean le Baptiste (appelé aussi Saint Jean Baptiste pour les catholiques), dont la pureté du message finissait, dans la religion catholique, par être en quelque sorte occultée par les textes des évangélistes. Ce thème fut également traité par l’atelier de Cranach. Ce qui laisse penser que Ribestein connaissait l’œuvre de Cranach et les thèmes traités par ce dernier peintre.


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